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Ferdinand Ier (Vienne 1861-Cobourg 1948) ; roi de Bulgarie [1887-1918].

Ferdinand Ier (Vienne 1861-Cobourg 1948) ; roi de Bulgarie [1887-1918]. Après l'échec de son prédécesseur Alexandre Ier, l'Allemand Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha est élu prince de Bulgarie en juillet 1887. Malgré le tournant tragique du destin bulgare dans les dernières années de son règne, son nom reste lié à la construction, à la consolidation et à l'européanisation de l'Etat bulgare. Il a à ses côtés un homme d'Etat compétent, Stefan Stambou-lov, le « Bismarck bulgare ». F., qui n'est pas reconnu par les autres Etats, laisse son Premier ministre expérimenté gouverner pendant sept ans. Issu du peuple, révolutionnaire nationaliste puis régent sous Alexandre Ier, Stamboulov mène une politique étrangère ostensiblement antirusse et écrase énergiquement les activités russo-philes : parallèlement, il accélère la construction administrative et économique de la Bulgarie et renforce l'armée sous le général Savov en y faisant entrer des officiers instructeurs autrichiens. Quant au prince, il fait de nombreux voyages à l'étranger, dans l'espoir de faire reconnaître la Bulgarie et son souverain : seule la Russie s'y refuse. Après la naissance d'un héritier au trône, F. congédie Stamboulov en 1894 et parvient à se réconcilier avec la Russie en 1896, à la suite du baptême orthodoxe de son fils. Profitant de la prise du pouvoir par les Jeunes-Turcs, il proclame l'indépendance de la Bulgarie en 1908 et prend le titre de tsar. L'un des problèmes les plus importants de la politique bulgare est la question macédonienne : pour la résoudre, la Bulgarie, sous l'influence russe, constitue en 1912 une alliance avec les autres Etats des Balkans et, portant presque tout le poids de la première guerre balkanique, avance jusqu'aux portes de Constantinople. Alors que ses espoirs nationaux sont sur le point de se réaliser, la Bulgarie est vaincue par ses alliés de la veille lors de la seconde guerre balkanique et doit, selon la paix de Bucarest de 1913, céder la Dobroudja du Sud à la Roumanie et presque toute la Macédoine à la Grèce et à la Serbie. C'est pourquoi F. décide de prendre part à la Première Guerre mondiale aux côtés des puissances centrales en 1915. Après de brillantes campagnes, la lassitude de l'armée bulgare entraîne la défaite sur le front de Salonique puis la marche sur Sofia de troupes mutinées. F. prend la responsabilité de la catastrophe et abdique en 1918 en faveur de son fils Boris III.

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