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Fantastique

Fantastique : on parie de fantastique dans un récit quand les événements ou les personnages sont présentés d’une façon suffisamment ambiguë pour que le lecteur hésite entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle.
fantastique/surnaturel/surréel
Genre littéraire qui fait entrer des éléments extraordinaires dans de quotidien.
Commentaire
La littérature fantastique est véritablement née avec le romantisme, qui a libéré l'art du contrôle de la raison et qui a donné le pouvoir au rêve et à l'imagination. Contrairement au merveilleux, qui installe le lecteur dans un monde magique géré par ses propres lois, le fantastique est le domaine de l'ambiguïté : il cultive le doute par une intrusion de l'irréel dans le réel. Hoffmann, Edgar Poe, Gérard de Nerval, Guy de Maupassant sont les grands noms du fantastique au XIXe siècle.
Citation
« J’en vins presque à croire » : voilà la formule qui résume l’esprit du fantastique. La foi absolue comme l’incrédulité totale nous mèneraient hors du fantastique ; c’est l’hésitation qui lui donne vie. (Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique.)
FANTASTIQUE nom masc. — Genre littéraire se caractérisant par une hésitation entre le réel et le surnaturel qui doit provoquer chez le lecteur l’inquiétude, voire la peur. ETYM : : par le latin du grec phantastikos = « imaginaire » se rattachant à phantazein = « faire voir » avec le suffixe ikos = « qui se rapporte ». Le mot, qui partage la même origine avec « fantaisie », a d’abord désigné tout ce qui naît de l’imagination. Jusqu’au XVIIe siècle, fantastique a aussi signifié « fantasque », « chimérique ». À partir du XIXe siècle, il devient souvent un synonyme de « surnaturel ». A la suite de Todorov, on peut définir le fantastique moins comme le surnaturel que comme l’hésitation que le texte organise à l’intérieur de lui-même entre la réalité et le surnaturel. Le lecteur ne sait jamais avec certitude où se situer, et son malaise provient justement de cette incertitude. Ainsi, à propos de l’exemple classique des histoires de fantôme. Le lecteur comme les personnages que met en scène le récit doivent se demander si les phénomènes inexplicables auxquels ils sont confrontés sont véritablement des revenants ou simplement des illusions de leurs sens. Dans la première hypothèse, le texte admettrait une explication surnaturelle, dans la seconde une interprétation réaliste. Mais c’est justement d’admettre et de refuser à la fois ces deux issues qu’il se définit comme « fantastique ». Dans les œuvres du XIXe siècle, l’auteur choisit le plus souvent de mettre fin à cette équivoque, mais déjà dans certaines œuvres de Maupassant et de ses contemporains, Gogol par exemple, et d’une manière générale pour le fantastique du XXe siècle (Kafka, Buzzati), l’hésitation est maintenue jusqu’à la dernière ligne. On a souvent affirmé que les écrivains français étaient peu doués pour le fantastique. Il est vrai que les plus grands maîtres du genre sont à chercher à l’étranger ; pour le XIXe siècle, en Allemagne avec Hoffmann et aux États-Unis avec Edgar Poe ; pour le XXe siècle, en Italie avec Buzzati, en Europe centrale avec Kafka, en Argentine avec Borges. Le fantastique est cependant présent de manière non négligeable dans la littérature française : avec Gautier, Villiers de l’Isle-Adam, Barbey d’Aurévilly, Mérimée et sa Vénus d’Ille, Maupassant avec cette réussite du genre qu’est Le Horla et même Balzac avec La Peau de chagrin. Plus près de nous avec Jean Ray et son Malpertuis.