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Fantasme

Fantasme

Scénario imaginaire mettant en scène de façon déformée par les défenses l’accomplissement d’un désir inconscient Le fantasme peut être conscient ou inconscient. Il est l’expression d’un désir refoulé, mais sert aussi de prototype aux désirs actuels conscients ou inconscients du sujet. Cette notion émerge chez Freud avec l’abandon de la théorie de la séduction. En effet, les scènes de séduction dont ses patientes auraient été l’objet de la part d’une figure paternelle, Freud finit par les situer dans le fantasme car il a, dit-il, «la conviction qu’il n’existe dans l’inconscient aucun “indice de réalité”, de telle sorte qu’il est impossible de distinguer l’une de l’autre la vérité et la fiction investie d’affect». Les fantasmes sont produits par une combinaison inconsciente de choses vécues et de choses entendues, non comprises sur le moment et qui ne seront utilisées qu’après-coup. Il véhicule un désir inconscient et cherche aussi sa réalisation actuelle ; il est donc présent dans les formations de l’inconscient, les rêves diurnes et dans les conduites du sujet. Certains fantasmes ont un caractère universel ; Freud les nomme fantasmes originaires. Ainsi la scène primitive, les scènes de castration, de séduction, etc., se rapportent aux origines. Us seraient transmis de façon phylogénétique. Lacan insistera à la suite de Freud sur la dimension langagière du fantasme, production imaginaire, mais aussi symbolique recouvrant le Réel. Il proposera une écriture du fantasme où il met en relation le sujet de l’inconscient en tant que soumis au langage, avec l’objet a dans une relation particulière. Le fantasme a donc comme fonction de recouvrir le Réel et de donner son cadre à la réalité. Il a une fonction de voile par rapport à la division du sujet, car il est un effet de la castration et constitue une protection contre sa dépendance absolue aux signifiants. Lacan montrera qu’il y a un type de fantasme caractéristique de chaque structure et en fera l’un des enjeux cruciaux de la fin d’analyse.

FANTASME

(S’écrit également phantasme ; du grec phantasma : apparition, visage.) Chez certains philosophes grecs, c’est l’image produite par les choses qui vient frapper nos sens. Cf. simulacre. En psychanalyse, scénario imaginaire où le sujet se met lui-même en scène, qui permet une projection du désir refoulé. Le fantasme irrigue ainsi la rêverie diurne et l’activité onirique à proprement parler. ♦ On nomme fantasmatique le système de fantasmes propre à chaque individu. Ce système entretient des relations avec les constructions mythologiques, non seulement de la culture dont on participe (comme le montrent la légende et le complexe d’Œdipe), mais aussi bien de cultures étrangères : « fantasme et mythe sont unis, de telle façon que ce qui n’est pas dit dans l’un se trouve raconté clairement dans l’autre » (J.-P. Valabrega) - de part et d’autre, le matériau de base serait en effet identique. ♦ Freud qualifie de fantasmes originaires les structures fantasmatiques générales que la psychanalyse décèle chez tout sujet. Il y en aurait trois principaux, relatifs à la vie intra-utérine, à la peur de la castration et à la « scène originaire » (perception par l’enfant de la relation sexuelle entre ses parents), qui constitueraient un patrimoine transmis d’une génération à la suivante.

fantasme, fantaisie stable et attachante. Certains sujets, mal adaptés au monde dans lequel ils vivent, développent des productions imaginaires qui s’apparentent au rêve ou à la rêverie : ils se voient riches, puissants, aimés par une personne prestigieuse, mais ne sont pourtant pas tout à fait dupes de leurs chimères. Le fantasme est un leurre qui entretient la névrose. FANTASME. Certains auteurs utilisent l’orthographe phantasme pour distinguer le fantasme inconscient du fantasme conscient. FANTASMES ORIGINAIRES (les). Les fantasmes originaires — ou primitifs, selon la traduction — sont des fantasmes « rarement absents », note Freud, dans la réserve des fantasmes inconscients de chacun. Freud les énumère : fantasme de l’observation des relations sexuelles entre les parents, de séduction, de castration, et autres. Ces « autres » fantasmes ne sont jamais précisés, sauf un, qui se rattache d’ailleurs à la scène primitive, celui d’avoir assisté in utero au coït des parents. Ces trois fantasmes primitifs relevés par Freud n’en font qu’un, ou sont des aspects différents du même fantasme : < le complexe d’Œdipe, ce fantasme universel », selon l’expression de Freud. Ces fantasmes originaires, rien ne nous permet de postuler dans tous les cas qu’ils tirent leur origine d’un événement observé ; Freud incline plutôt à croire que ces fantasmes originaires font partie de notre patrimoine phylogénétique. « En eux, écrit-il, l’individu atteint, au-delà de son expérience propre, à l’expérience de la nuit des temps (Vorzeit) en des points où sa propre expérience a été trop rudimentaire. Il me semble tout à fait possible que tout ce qui nous est dit aujourd’hui en analyse en tant que fantasme — la séduction des enfants, la flambée d’excitation sexuelle en observant le coït des parents, la menace de castration (ou plutôt la castration elle-même) —- fut autrefois événements réels dans les temps primitifs (Urzeit) de la famille humaine, et que les enfants, dans leurs fantasmes, comblent simplement les lacunes de leur vérité individuelle avec la vérité préhistorique. > Cette conception des fantasmes originaires implique la croyance en la transmission héréditaire des caractères acquis, croyance qui était celle de Freud, mais qui va à l’encontre de la biologie contemporaine. Ce que l’on peut montrer, c’est que tout au long des travaux de Freud, des Lettres à Fliess à l'Abrégé de psychanalyse, coexistent sans jamais se réduire l’un à l’autre la conception d’un complexe d’Œdipe constitutif (structurel) de l’homme et celle d’un Œdipe qu’on pourrait appelé événementiel (historique), résultat du passé de l’individu tel qu’il l’a vécu concrètement. Le schéma phylogénétique (la préhistoire ancestrale), insiste Freud, ne doit être pris en considération qu’une fois épuisées les ressources de l’interprétation des événements (la préhistoire infantile). Dans leur article : < Fantasme originaire, fantasme des origines, origine du fantasme > (in : Les Temps modernes, 1964, n° 215), Laplanche et Pontalis ont relevé que les thèmes communs à ces fantasmes originaires se rapportent tous aux origines. Comme les mythes collectifs, écrivent-ils, ils prétendent apporter une représentation et une « solution > à ce qui pour l’enfant s’offre comme énigme majeure ; dans la scène originaire, c’est l’origine du sujet qui se voit figurée ; dans les fantasmes de séduction, c’est le surgissement de la sexualité ; dans les fantasmes de castration, c’est l’origine de la différence des sexes.


Il est caractéristique de la reconstitution de l’histoire infantile, en cours de psychanalyse, que les « événements » contribuant à la « fixation » névrotique (en série complémentaire avec la constitution sexuelle) s’avèrent être, en réalité, de nature pour ainsi dire largement fantaisiste : imaginaire... Ce sont, de fait, des fantasmes qui témoignent du rôle dominant de la réalité psychique dans la névrose. 1. Dans toutes les anamnèses de névrose (mais aussi bien dans chaque analyse de normal) on retrouve ainsi certains fantasmes organisés de façon typique. Ce sont là les fantasmes originaires (primaires, fondamentaux) qui sont (là encore en série complémentaire) des composés de réalité et d' imaginaire ; voire de réalité, de traces phylogénétiques et d’imaginaire. Les thèmes de ces fantasmes - dont on peut penser, après J. Laplanche et J.-B. Pontalis, qu’ils visent à apporter une représentation et une « solution » à ce qui s’offre pour l’enfant comme une « énigme majeure » (origine du sujet, surgissement de la sexualité, différence des sexes), en articulant les éléments du complexe d’Œdipe - relèvent de représentation de séduction, de relations sexuelles « bestiales » entre les parents (caractéristiques de ce qu’on nomme le fantasme de « Scène Primitive », et de sa coloration sadique), de menaces de castration, de fantaisies de naissance... Ainsi, le fantasme typique de « séduction » (par un adulte) est-il d'abord, au-delà de la réalité possible, mais souvent, même dans ce cas, déformée, une projection déculpabilisante et une « objectalisation », de la masturbation auto-érotique... 2. Véritables « métis » de la vie psychique, les fantasmes peuvent être conscients ou inconscients. Conscients, ils peuvent être hautement organisés, bien qu’ils représentent les émois instinctuels (besoins pulsionnels), auxquels ils donnent forme de désir. Ils déterminent ainsi le jeu des scenari imaginaires, qui s’instaurent en marge des activités conservatoires, par leur investissement en libido. La satisfaction « illustrée » dans le fantasme y est soumise alors au jeu des permutations objectives et subjectives, en convenance au seul principe du plaisir (mais bientôt aussi de la défense), et aux déplacements et condensations des charges en investissements (selon les lois de productivité du processus primaire de l’inconscient). L’élaboration fantasmatique garde souvent, à première vue, un caractère « indéfini » (type : « on bat un enfant »), caractère qui permet la liberté des investissements et identifications autant qu’il témoigne de la censure... 3. Le fantasme (conscient ou inconscient) est le premier stade de la formation du rêve et du symptôme. Sous certaines conditions (notamment « quantitatives »), les fantasmes jouissent dans le Moi d’une certaine tolérance, d’une survivance comme rejetons des Objets et directions refoulées de la libido. Le Moi peut effectivement tolérer un fantasme de désir tant qu’il reste, comme... fantasme, inoffensif : car éloigné de toute réalisation. Ceci explique la condition paradoxale de « ceux qui échouent dans le succès » et tombent malades lorsqu’un désir profond vient enfin à être réalisé. C’est la sanction du Surmoi qui empêche de tirer bénéfice de l’heureuse réalisation du fantasme. Quoi qu’il en soit, la régression de la libido, détachée des objets réels vers les objets imaginaires et les fantasmes et de là vers l’objet refoulé, constitue habituellement l’étage intermédiaire de la formation de la névrose. C’est ce processus, à l’exclusion de tout autre, que la psychanalyse nomme l'introversion (de la libido).   4. Le plus généralement, au cours de la cure, les fantasmes doivent être inférés, reconstruits, voire... construits (« tout se passe comme si... »). Qu’ils prennent une forme typique ou non, ils tournent toujours, en définitive, en mettant en cause la jouissance, autour des catégories de la vie, de la mort, du sexe, de la naissance, de la famille... Ils portent ainsi les « signifiants-clés » (Lacan) de la psyché et de sa problématique, entre l’auto-érotisme et l’ordre symbolique. Ils sont ainsi au cœur des « théories sexuelles » infantiles.


FANTASME Production imaginaire, scénario où le sujet met en scène son désir, de façon plus ou moins inconsciente selon l’effet de la censure. Sorte de rêve éveillé, le fantasme est en quelque sorte un stade intermédiaire dans la formation du symptôme ; il apporte au sujet une satisfaction imaginaire, régie par la censure et représentant conjointement le désir et la défense. L’importance des fantasmes dans la vie du sujet, telle qu’elle se fait jour dans la cure psychanalytique, par exemple, montre à quel point la névrose est constituée en partie d’une réalité purement psychique. Certains conflits ou traumatismes à l’origine des névroses seraient ainsi essentiellement psychiques, d’ordre fantasmatique. Les fantasmes infantiles viennent apporter à l’enfant une réponse, imaginaire, à des questions qu’il se pose (sur son origine, sur la sexualité, celle de ses parents en particulier). Certains ont un caractère universel, comme le fantasme de la scène primitive.

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