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ÉVÊQUE

Dignitaire de l'Église catholique en charge d'un diocèse. La fonction est longtemps restée souple. Au Ier s. apr. J.-C., des Églises de Smyrne, d'Éphèse et de Rome se dotèrent d'un chef unique. La base épiscopale de l'autorité s'est ensuite maintenue dans le catholicisme, mais aussi l'orthodoxie, l'anglicanisme et le luthéranisme. Au début du IIe s., Ignace d'Antioche précisa la fonction épiscopale. Chaque communauté chrétienne, y compris les paroisses rurales, avait un évêque, jusqu'au concile de Sardique (343/44), qui en limita le nombre. L'évêque était élu par le clergé et les fidèles, sa nomination ratifiée par les évêques et le métropolitain de la province, puis il recevait la consécration des mains de trois évêques. Les grands débats doctrinaux des IVe/Ve s. opposèrent des évêques garants de l'orthodoxie (Athanase, Jean Chrysostome) au pouvoir impérial. L'attachement personnel des fidèles à leur évêque a pu provoquer des séparations irrémédiables : l'Église d'Alexandrie passa ainsi au monophysisme après la destitution du patriarche Dioscore (451). L'épiscopat catholique se renforça avec les Grandes Invasions : les évêques dirigèrent leur communauté, endossant des fonctions sociales, politiques et économiques ; le recrutement se faisait dans les familles aristocratiques, avec le risque d'élire des hommes puissants, mais dépourvus de formation religieuse. Cette période a produit de grandes figures d'évêques, conseillers très écoutés des rois : Hilaire et Césaire d'Arles, Loup de Troyes, Eucher de Lyon, Éloi de Noyon, Ouen de Rouen, Léger d'Autun. Le lien entre épiscopat et autorité royale fut encore renforcé sous les Carolingiens : les empereurs utilisaient l'institution épiscopale pour mettre l'Église en tutelle. Cette situation fut à l'origine de la querelle des Investitures (v.), qui s'acheva à l'avantage du pape. La papauté reprit en main la nomination des évêques à partir du XIIe s., la réservant aux chapitres cathédraux, par décision du concile du Latran (1215), et annulant les élections qui ne lui convenaient pas. En France, la pragmatique sanction de Bourges (1438) réserva au roi le droit de « recommander » un candidat à l'épiscopat. Le concordat de 1516 régla la question jusqu'en 1789 : dans les six mois de vacance, le roi présentait au pape un candidat, puis avait trois mois pour en proposer un autre en cas de refus. Dans les faits, le roi bénéficiait de ces dispositions en s'assurant par voie diplomatique l'investiture pontificale. Une fois investi, le nouvel évêque prêtait serment au roi. Le souverain se créa ainsi un épiscopat dévoué et empreint de gallicanisme. Au XVIIIe s., certains évêques, issus des grandes familles aristocratiques, prirent l'habitude de ne plus résider dans leur diocèse, mais à la Cour, s'éloignant de leur clergé et de leurs fidèles. La Constitution civile du clergé (1790) institua l'élection des prêtres par l'assemblée électorale ordinaire du département, puis le concordat de 1801 réserva au gouvernement la nomination des nouveaux évêques, comme en 1516. La loi de séparation de 1905 rendit au pape le droit de nommer directement les évêques, système qui s'applique dans presque tout le monde contemporain, ce qui a renforcé l'autorité du Saint-Siège sur l'Église. Le pouvoir de l'évêque avait été fortement diminué lors du concile de Vatican I (1870) ; Vatican II (1962/65) a remis l'accent sur la charge et la mission épiscopales.

ÉVÊQUE. 1) Prêtre qui exerce la plus haute fonction chez les prêtres catholiques. Nommé par le pape, il a la direction spirituelle et est chargé d'administrer un territoire appelé diocèse. Le premier évêque de Rome fut saint Pierre. 2) Chef d'un diocèse dans les Églises anglicanes et orthodoxe. Voir Anglicanisme, Orthodoxe (Eglise).

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