Eugène de Savoie-Carignan, dit prince Eugène (Paris 1663-Vienne 1736); maréchal et homme politique autrichien.
Eugène de Savoie-Carignan, dit prince Eugène (Paris 1663-Vienne 1736); maréchal et homme politique autrichien. Ses talents incomparables de chef militaire et ses capacités remarquables d'homme d'État ont fait, bien au-delà de son époque, la gloire d'E., défenseur de l'Occident contre les Turcs et un des grands adversaires de Louis XIV. Le succès avec lequel il a affermi et étendu la puissance de l'Autriche a jeté les bases de la conception de l'État sur laquelle allait s'appuyer la monarchie des Habsbourg et qui devait en assurer la cohésion jusqu'à sa dissolution brutale en 1918, en dépit des intérêts divergents des peuples qui la constituaient. La lutte contre la politique d'hégémonie menée par la France dans la guerre de Succession d'Espagne, et la consolidation de l'idée impériale à travers les victoires remportées sur les Turcs - qui furent toutes deux l'uvre d'E. - ont considérablement contribué à l'éveil du sentiment national chez les Allemands. Pourtant, E. n'a pas de liens avec le peuple allemand : issu d'une famille de la haute noblesse française, il est apparenté aux Bourbons. Le refus qu'on lui a opposé quand il a voulu entrer dans l'armée française, refus qui s'explique peut-être par l'aspect chétif et extérieurement peu attrayant de ce jeune homme qui n'a pas encore vingt ans, l'incite à offrir ses services à l'empereur Léopold Ier (1683) alors en guerre contre les Turcs. La protection de ses parents espagnols, mais surtout ses remarquables talents militaires lui assurent une carrière rapide. En 1697, on lui confie, sur la recommandation de Starhemberg, le commandement suprême dans la guerre contre les Turcs. La très grande victoire remportée la même année par E. à Zenta sur une armée du sultan pourtant bien supérieure en nombre justifie ce choix, fonde sa renommé de chef militaire, et permet à l'Autriche de recouvrer, à la paix de Carlowitz (1699), la possession de presque toute la Hongrie et de la Transylvanie. A partir de 1700, il exerce une influence considérable sur la politique autrichienne, d'abord en tant que membre du Conseil secret, puis en tant que président du Conseil de guerre impérial et de la Conférence d'État secrète. Durant la guerre de Succession d'Espagne, il contribue fortement à affirmer la position de grande puissance de l'Autriche face à la France, bien que les objectifs excessifs fixés par la cour de Vienne aient prolongé inutilement la guerre au détriment de l'Autriche, et que la sortie prématurée de l'Angleterre hors de la coalition - aboutissant à la paix d'Utrecht - ait rendu vaines les victoires impériales remportées par E. conjointement avec Marlbo-rough à Höchstädt (1704) et à Malplaquet (1709). En 1714, E. est un des négociateurs du traité de Rastatt et fait preuve de ses qualités de diplomate. Une nouvelle guerre menée contre les Turcs connaît un tournant décisif lors du siège audacieux et de la prise de Belgrade (1717). Cette victoire va permettre aux Habsbourg, lors de la paix de Passarowitz (1718) d'étendre leur domination dans les Balkans grâce à l'acquisition du Banat et de la partie septentrionale de la Serbie. Après la paix, E. s'intéresse à la colonisation des pays reconquis, et organise les confins militaires. Il demeure jusqu'à sa mort un conseiller très écouté du gouvernement impérial. Il reprend encore du service en commandant l'armée impériale contre la France lors de la guerre déclenchée par la succession au trône de Pologne (1734). Les châteaux qu'il a édifiés, et parmi eux le Belvédère, qui abritait ses magnifiques collections de livres et d'objets d'art, château situé de manière significative devant les murs de Vienne, sur la route militaire empruntée par les Turcs lors de leur marche sur Vienne, attestent de sa sensibilité artistique et intellectuelle, en même temps qu'ils manifestent l'assurance d'une nation devenue par ses victoires militaires une grande puissance européenne. Bibliographie : A. Bethouart, Le Prince Eugène de Savoie : soldat, diplomate et mécène, 1975.
Liens utiles
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