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Etrusques

Etrusques. Appelés Tyrrhéniens par les Grecs, Tusques ou Étrusques par les Latins, peuple préromain du centre de l'Italie, et dans les premiers âges principaux rivaux de Rome pour la domination de cette région. La culture étrusque prit naissance vers 700 av. J.-C. ; elle était apparemment le développement de celle des premiers Villa-noviens de l'âge du fer, qui se sont épanouis brièvement dans cette région. Politiquement, les Étrusques ont constitué une fédération peu étroite de cités indépendantes, et au sommet de leur puissance, d'environ 620 à 500 av. J.-C., ils dominaient un empire qui allait du Pô dans le nord, à la Campanie dans le sud, et qui, à ses débuts, incluait Rome. On a dit, probablement à juste titre, que le roi romain Tarquin Priscus était d'origine étrusque. Après l'expulsion des Tarquins de Rome, à la fin du VIe siècle, les Étrusques perdirent progressivement leurs territoires du sud, essuyant une défaite célèbre à Aricie, vers 504, et ils avaient peut-être déjà abandonné leurs territoires du nord aux envahisseurs celtes. Leur suprématie navale fut détruite lors d'une bataille maritime au large de Cumes en 474, lorsqu'ils furent battus par une flotte d'habitants de Cumes, et de Syracusains, sous le commandement de Hiéron, tyran de Syracuse. À la fin du IIIe siècle av. J.-C., Rome détenait l'ensemble de l'Étrurie. L'origine des Étrusques était déjà l'objet de spéculations de la part des antiquaires du milieu du Ier siècle apr. J.-C., lorsque l'empereur Claude écrivit leur histoire (qui n'a pas survécu). L'historien grec Hérodote pensait qu'ils venaient de Lydie en Asie Mineure et il se pouvait bien que leur langue fût l'anatolien: mais d'autres (parmi lesquels Denys d'Halicarnasse) ont estimé que c'étaient des indigènes italiens. Leur culture semble enracinée dans un prolongement de celle des Villanoviens, bien que leurs tombes richement décorées et meublées, qui les ont rendus célèbres, révèlent des influences grecques et orientales et entrent en scène avec une telle soudaineté, qu'elles suggèrent (probablement à tort) l'arrivée d'un nouvel apport culturel ; de la même façon, leur religion et leur astronomie paraissent contenir des éléments orientaux. Il existe des milliers d'inscriptions écrites en caractères grecs, principalement des épitaphes, qui vont du viie siècle à l'époque de l'empereur Auguste, mais leur langue ne paraît être ni indo-européenne ni d'aucune autre famille et la plus grande partie n'a pas été déchiffrée, bien que l'on en comprenne la phonétique et la morphologie. C'est surtout à travers leurs tombes que l'on connaît les Étrusques : empruntant la forme de maisons, elles remontent au viie siècle, sont magnifiquement décorées de peintures murales représentant leurs occupants dans leur vie quotidienne, ou de sculptures d'un caractère intime tout à fait vivant ; elles contiennent des portraits des morts, modelés avec réalisme. Ils travaillaient le métal avec un art extraordinaire et l'exportaient à grande échelle. Le Loup capitolin et les Chimères d'Arretium (Arezzo) sont tous deux des bronzes étrusques. Dans l'Antiquité, les Étrusques étaient célèbres pour la façon dont chaque aspect de leur vie publique et privée était réglé par un code de pratiques reli gieuses qu'on appelait l'Etrusca disciplina. Ils étaient célèbres notamment pour l'habileté avec laquelle ils lisaient les augures, se fondant sur l'examen des entrailles, en particulier du foie des animaux que l'on sacrifiait (voir haruspices). En cela, de même que dans le domaine artistique, l'architecture et la science des ingénieurs, Rome a une grande dette envers l'Étru-rie.

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