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ETRE

ETRE

♦ Le verbe affirme la réalité actuelle d’une existence. En logique, il remplit la fonction de copule et relie le sujet au prédicat, par inclusion, implication ou équivalence. Dans les propositions de relation, la même copule établit un rapport (de grandeur par exemple) entre deux objets.

♦ Il est possible que le sens métaphysique du substantif soit indéfinissable, dans la mesure où, comme Pascal le remarquait, toute définition fait intervenir au moins implicitement la formule « c’est », utilisant en l’occurrence dans un cercle vicieux le terme qu’elle devrait définir. C’est néanmoins ce substantif (initialement dérivé de la possibilité de substantiver en grec le verbe einai) qui fonde la métaphysique : dès Parménide, on affirme que « l’Etre est », mais c’est Aristote qui posera le premier la question : « Qu’est-ce que l'Être? », et éprouvera le premier les difficultés de la réponse. Le repérage qu’il propose - l'Être serait « le plus commun et le plus radical » - insiste sur le fait que l'Être est l’horizon sur lequel se profile toute existence particulière, et ouvre la voie à l’assimilation chrétienne entre l'Être lui-même et Dieu.

♦ Dès lors, l'Être peut se trouver doté de qualités surabondantes : plus on en énonce, plus on s’éloigne de son universalité. Aussi Hegel reconnaîtra-t-il, pour sortir de cette impasse que « l'Être est identique au Non-Être » dans la mesure où rien de ce qu’on en dit ne coïncide avec lui : cette équivalence fonde la dialectique et fait du Devenir le nouveau mode d’être du réel.

♦ Dans la philosophie moderne, les difficultés propres à toute ontologie seront différemment soulignées par Heidegger et Sartre : pour le premier, l’homme est sans doute « le berger de l'Être », mais il parvient mal à l’expliciter. Quant au second, il privilégie volontiers l’ontique sur l’ontologie.

ÊTRE

Un des mots les plus fréquents de la langue et un des concepts les plus fondamentaux de la pensée : donc un des termes les plus difficiles à définir.

1. Comme verbe, être désigne le fait d’être, mais ce fait même peut être compris différemment : - Etre = avoir une existence : «je suis, j'existe », affirme Descartes. - Etre = être objet d’expérience : la table est devant moi, - Etre = être considéré comme réel même en dehors de l’expérience humaine : pour le croyant Dieu est.

2. Comme nom, être est aussi d’usage ambigu et multiple : - L’Etre = la réalité absolue et suprême qui demeure stable sous les différentes apparences sensibles (« de l'Être on peut seulement dire qu'il est» affirma le premier Parménide). - L’être = ce qui est, conçu comme une unité, comme un tout (J.-P. Sartre parle de l'être et du néant dans son premier ouvrage).

La partie de la philosophie qui se consacre à l’étude de l'être, à la détermination de ce qu’il est, est l’ontologie.

- Un être (quelquefois un étant) = ce qui est réellement (tous les êtres vivants). - Un être = quelque chose que l’on peut penser, synonyme de entité (objet de pensée). Pour préciser ce sens on dit « être de raison », c’est-à-dire idée, par opposition aux êtres réels.

La réflexion sur l’être est au centre de la pensée sur le temps, la mort et l’existence.

ÊTRE A | (v.) 1. — (Logique class.) Verbe servant de copule ; cet usage est ambigu, la copule pouvant exprimer : a) l’identité (Socrate est le maître de Platon) ; b) l’appartenance d’un élément à une classe (Socrate est un philosophe) ; c) l’inclusion d’une classe dans une autre (les philosophes sont des hommes) ; ces deux derniers sens sont au reste souvent confondus sous le nom d'attribution d'une propriété à un terme ; d) l’acte de l’esprit ou jugement qui rapporte une notion à une autre, voire qui affirme un jugement (cf. Port-Royal). 2. — Verbe qui exprime le fait d'être : je pense, donc je suis ; déterminer en quoi consiste ce fait est l’objet de l’ontologie ; en ce sens, la logique class. considère souvent « être » comme un terme simple impossible à définir : Syn. exister.

B | (n. m.) 3. — Le fait d'être : Syn. existence. 4. — Ce qui est réellement : Syn. étant. 5. — Tout ce à quoi on peut penser, tout ce dont on peut parler ; Syn. entité ; en ce sens, l’être de raison, simple objet de pensée, est opposé à l'être réel, effectif qu’on peut rencontrer dans le monde. 6. — Etre-là : cf. Dasein. 7. —Etre subsistant : exister au sens 3 a.



Être

Du latin esse, « être ». - Verbe : exister, se trouver là. - En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l’homme est mortel). - Nom : ce qui est, l’étant. - Le fait d’être (par opposition à ce qui est, l'êtant). - Ce qu’est une chose, son essence (exemple : l’être de l’homme). - Avec une majuscule (l’Être), l’être absolu, l’être parfait, Dieu. • Toute tentative de définition de l'être se heurte à un problème de circularité : on ne peut définir ce mot sans l'employer dans la définition (« l'être, c'est... »). • Parménide oppose l'être, seule réalité stable, au devenir, qu'il identifie au non-être. Pour lui, seul « l'être est ». • Bien qu'il se dise « en de multiples sens », l'être, selon Aristote, renvoie fondamentalement à la substance, support permanent de toutes les manières d'être (ou accidents). À un niveau supérieur, Aristote se propose d'étudier « l'être en tant qu'être » (objet de la métaphysique), c'est-à-dire la « substantialité » elle-même. • Heidegger pose la question de l'être à partir de la distinction entre l'être et l'étant. Pour lui, la métaphysique occidentale aurait « oublié » l'être - cet insaisissable qui permet aux étants de se déployer - au profit de l'étant (de ce qui est).