émigrés
Nom donné spécialement pendant la Révolution aux Français qui quittèrent leur pays pour aller chercher refuge à l'étranger, en Angleterre, en Sardaigne, en Hollande, en Russie, mais surtout dans les principautés rhénanes. L'émigration se composa surtout de nobles et de prêtres réfractaires (v.). Les premiers émigrés partirent au lendemain même de la prise de la Bastille, parmi eux se trouvaient les princes de la famille royale : le comte de Provence (futur Louis XVIII), le comte d'Artois (futur Charles X), le prince de Condé, le duc et la duchesse de Polignac, les maréchaux de Broglie et de Castries... Les émigrés établirent leur quartier général à Coblence, s'efforcèrent d'obtenir des cours européennes une intervention contre la Révolution et organisèrent un corps d'armée, sous les ordres du prince de Condé, qui prit part aux côtés des alliés aux campagnes de 1792/94. La Révolution prit des mesures rigoureuses contre les émigrés : elle décida la confiscation et la vente de leurs biens (2 sept. 1792), l'exécution de tout émigré pris les armes à la main (9 oct. 1792), le bannissement à perpétuité des émigrés et la peine de mort pour ceux qui repasseraient la frontière (23 oct. 1792). Une nouvelle loi, plus complète, fut publiée le 28 mars 1793. On dressa et on imprima une liste générale des émigrés qui comprenait plus de 30 000 personnes : il était défendu, sous peine de mort, de leur faire passer des secours et même de correspondre avec eux. En juill. 1795, les émigrés tentèrent une expédition sur le sol français, à Quiberon, qui se termina par un désastre. L'armée de Condé dut se dissoudre à la conclusion de la paix de Lunéville (1801). Mais, à cette date, de nombreux émigrés étaient déjà rentrés en France, bien que les anciennes lois répressives de la Convention eussent été renouvelées dans toute leur rigueur après le 18-Fructidor. Après la bataille de Marengo et la paix d'Amiens, Bonaparte, attaché à la réconciliation de tous les Français, accorda l'amnistie aux émigrés par le sénatus-consulte du 6 floréal an X. Les derniers émigrés ne revinrent en France qu'avec la Restauration. En 1814, les biens des émigrés non vendus leurs furent rendus, et en 1825 fut votée la loi dite du « Milliard des émigrés » (en réalité une somme d'un montant inférieur), représentant les indemnités qui leur furent alors versées.
ÉMIGRÉS. Nom donné sous la Révolution française à ceux qui quittèrent leur pays pour trouver refuge à l'étranger, surtout dans les principautés rhénanes, mais aussi en Angleterre, à Turin, etc. Les émigrés se composèrent surtout de nobles et de prêtres ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Les premiers partirent le 17 juillet 1789 à l'exemple des princes de la famille royale, le comté d'Artois (futur Charles X) et le prince de Condé. Les émigrés établirent leur quartier général à Coblence d'où ils organisèrent la lutte contre la Révolution, participant, sous les ordres de Condé, à toutes les guerres de coalition jusqu'en 1795. Des mesures rigoureuses contre eux furent prises par la Révolution : confiscation et vente de leurs biens au profit de la nation (septembre 1792), bannissement à perpétuité et peine de mort contre tous ceux qui rentreraient en France (octobre 1792). Amnistiés par Napoléon Bonaparte attaché à la réconciliation des Français (26 avril 1802), ils ne rentrèrent pour la plupart que sous la Restauration qui leur restitua leurs biens ou les indemnisa (loi du Milliard des émigrés votée en 1825).
Liens utiles
- Georges Perec1936-1982Georges Perec est né le 7 mars 1936, fils d'Icek Perec et de Cytla Szulewicz, tous deux Juifspolonais émigrés en France.
- Philippe Ricord1800-1889Naître à Baltimore d'émigrés français de la Révolution ;
- Liste des émigrésLes émigrés sont les aristocrates et les ecclésiastiques qui ont fui à l'étranger au lendemain de la prise de la Bastille.
- PEREC, Georges (1936-1982)Fils de Juifs polonais émigrés en France, dont la mère disparaît en déportation et le père meurt au combat.
- COHN-BENDIT, Daniel (né en 1945)" Fils d'émigrés juifs allemands, né à Montauban en 1945, ni français ni allemand, je suis, comme on dit, un bâtard.