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Eisenhower, Dwight David (Denison, Texas, 1890 - Washington 1969) ; général et président des États-Unis [1953-1961].

De lointaine ascendance allemande, cet ancien élève de l'académie militaire de West Point se fait remarquer par son talent d'organisateur et l'intelligence de son comportement. De 1929 à 1939, le général Dwight D. Eisenhower. Coll. Roger-Viollet. MacArthur le prend sous sa protection et le fait monter en grade au moment du déclenchement de la guerre. Jusqu'en avril 1942, il dirige la section des plans de guerre au ministère de la Défense et devient par la suite l'assistant du chef d'état-major de l'armée, le général George Marshall. Commandant en chef des armées alliées en Afrique du Nord (1942), en Italie (1943), en Normandie (1944), il conçoit un système de commandement unifié qui regroupe des officiers des pays alliés, il dirige les forces qui défont la Wehrmacht et reçoit la capitulation du Reich nazi à Reims le 7 mai 1945. À ce titre, il est fêté comme le vainqueur de Hitler et devient extraordinairement populaire. Il succède à Marshall au Pentagone jusqu'en février 1948, puis jusqu'en décembre 1950 il est président de l'université de Columbia. Nommé jusqu'en 1952 commandant en chef des forces de l'OTAN pendant la guerre de Corée, il est élu en 1952 président républicain des États-Unis et réélu en 1956. Dès la deuxième année de son mandat, cet homme du centre doit gouverner avec une majorité d'opposition au Congrès. Peu autoritaire, il se montre parfois trop faible ; ainsi il ne s'oppose pas à la « chasse aux sorcières » orchestrée par le sénateur McCarthy. Mais sur le plan extérieur, avec l'aide de John Foster Dulles, il obtient d'importants résultats. Il met fin à la guerre de Corée (1953) et, tout en conduisant avec fermeté la politique étrangère de son pays sur les bases d'une entente entre les deux grands partis américains (Truman) face à l'Union soviétique et en Asie, il rétablit des relations directes avec l'URSS en recevant en 1959 Khrouchtchev. Sur le plan intérieur, il doit faire face à de multiples difficultés nées de la chute de la production d'après-guerre et du chômage grandissant. Mais il mène une politique sociale en étendant de façon importante les assurances sociales, en supprimant définitivement les contraintes raciales dans l'armée et en soutenant la renaissance d'une politique de marché libre. Toutefois, il est critiqué dans sa propension à ne pas prendre de décisions énergiques en politique intérieure, dans sa passion tournée en ridicule pour le golf au détriment de son travail. Mais rien ne brise l'affection que lui porte le peuple américain. Retiré de la vie politique, il meurt à Washington le 28 mars 1969.




EISENHOWER, Dwight David (Denison, Texas, 1890-Washington, 1969). Général et président américain (1953-1961). Républicain, il fut l'un des présidents les plus populaires des États-Unis. D'origine modeste, Eisenhower entra à l'Académie militaire de West Point (1911-1915). Promu général en 1941 et remarqué par le général Marshall, il fut appelé à Washington où il entra à l'état-major comme chef de la division des plans de guerre. C'est à ce titre qu'il joua un rôle capital dans l'organisation des débarquements en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir dirigé le débarquement allié en Afrique du Nord (novembre 1942), il fut nommé commandant des armées alliées dans le secteur et, après la libération du Maghreb, supervisa les débarquements en Sicile et en Italie (1943). Installé à Londres (novembre 1943), il assura, en tant que commandant en chef des forces alliées en Europe, la direction du débarquement en Normandie (juin 1944) et toutes les opérations qui conduisirent à la capitulation allemande (mai 1945). Ses souvenirs de guerre furent consignés dans Crusade in Europe, parus en 1948. Chef d'état-ma-jor de l'armée américaine succédant à Marshall (1945), puis commandant suprême des forces de l'OTAN (1951), il quitta ce dernier poste et se présenta comme candidat républicain aux élections présidentielles (1952). Son prestige personnel, un programme rassurant dans une Amérique marquée par les excès du maccarthysme lui assurèrent, après 20 ans d'administration démocrate, un large succès. Devenu président des États-Unis après Truman, il resta au pouvoir jusqu'en 1961. Eisenhower confia la politique étrangère à Foster Dulles (jusqu'à sa mort en 1959). La guerre froide et la poursuite de la politique d'endiguement du communisme dans le monde, le réarmement de l'Allemagne, la condamnation de l'expédition anglo-franco-israélienne à Suez (1956) puis la recherche d'une détente avec l'URSS (visite de Khrouchtchev en 1959) assombrie bientôt par la crise cubaine (1960-1961) et le survol du territoire soviétique par des avions U-2 américains (1960) furent les faits marquants de la période Eisenhower. À l'intérieur, son conseiller G. M. Humphrey lutta contre l'inflation et la récession économique. Après l'échec du maccarthysme (1954), Eisenhower prit parti contre la ségrégation raciale et gouverna énergiquement malgré la majorité démocrate au Congrès. Malade, le président renonça à un troisième mandat et soutint R. Nixon battu de justesse par J. F. Kennedy (1962) puis se retira de la vie politique. Voir Castro (Fidel), McCarthy (Joseph).

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