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Égypte et Religion

Égypte. Hérodote a considéré les Égyptiens comme le peuple le plus religieux qu’il eût connu. En effet, la majesté des temples, leur représentation abondante des dieux et des mythes, le grand nombre et la somptuosité des fêtes et des manifestations cultuelles, le clergé important, les rites funéraires et les étonnants tombeaux, la magie protectrice des statues et des amulettes entouraient les Égyptiens d’une extraordinaire atmosphère religieuse. Le polythéisme prit sans doute son origine à l’époque protohistorique des «nomes» dans un totémisme donnant naissance aux dieux locaux de Basse et Haute Égypte, dont certains supplanteront les autres lorsque se fera l’unité du pays. On formera des familles de dieux, des triades, des ennéades. Beaucoup d’animaux, peut-être d’anciens totems, étaient sacrés; certains prirent une forme humaine en gardant une tête de vache, de chacal, d’épervier, de faucon, etc. La suprématie fut donnée dès l’époque thébaine au culte solaire (Amon, Rê, Atoum), dont le centre était Héliopolis. Cependant un aspect ésotérique apparut dans le milieu sacerdotal et conduisit au monothéisme d’Aton qui fut de courte durée. Dans la période suivante, les mythes s’organisèrent autour des grands démiurges : Thot, d’Hermopolis, Ptah, Khnoum, etc. ; puis le culte d'Osiris connut une immense fortune sous différents aspects, surtout ceux du dieu de la Fertilité et du dieu des Morts; lès légendes nombreuses d’Osiris rejoignirent celles d’Isis, son épouse. Arbitre du jugement des âmes, roi divinisé, dieu agraire de la Végétation, Osiris, deviendra le centré de mystères qui auront un grand succès à l’époque hellénistique et prendront de plus en plus un caractère ésotérique. L’originalité de la religion égyptienne consiste dans ses mythes et leur organisation en fonction de l’histoire du pays. Elle est axée sur les notions de ka (le double), de ba (la partie éternelle de l’homme), de métempsycose, de rétribution des mérites, de puissance du verbe créateur et de magie du nom. Il n’y a pas d’unité véritable dans les cultes égyptiens, où les dieux locaux et les documents de l’histoire ont donné naissance à une grande variété d’aspects religieux et magiques.

Les merveilleux livres d’images que sont les temples et les tombeaux, les innombrables inscriptions et les papyrus ont transmis une grande partie des secrets des religions de l’Égypte ancienne.

ÉGYPTE. Pays situé à l'extrême nord-est de l'Afrique près de la mer Rouge et de l'isthme de Suez qui soude l'Afrique à l'Asie. Il connut dans l'Antiquité l'une des plus brillantes civilisations de l'histoire. L'Égypte est une vallée étroite, irriguée par le Nil qui s'allonge sur plus de mille kilomètres au milieu des déserts de Lybie et d'Arabie. Sa superficie, au total, ne dépasse pas celle de la Belgique actuelle, soit 30 000 km2. Au Ve millénaire av. J.-C., ses premiers habitants s'installèrent sur les rives du Nil. Ils s'organisèrent d'abord en petits États indépendants appelés nomes. Puis ces minuscules États se regroupèrent en deux royaumes : la Basse-Egypte au Nord, la Haute-Égypte au Sud. L'Égypte entra dans l'Histoire vers 3000 av. J.-C. lorsque le pharaon légendaire, Ménès, soumit les deux royaumes. Ce fut le début de l'Égypte ancienne ou Égypte pharaonique, gouvernée par vingt-six dynasties de pharaons. L'histoire de l'Égypte se divise en trois périodes: l'Ancien Empire, le Moyen Empire et le Nouvel Empire. Ce furent des époques de grandeur et de prospérité pendant lesquelles le pays fut unifié c'est-à-dire obéit à une seule autorité, celle d'un pharaon. Elles furent séparées par des périodes intermédiaires pendant lesquelles régnèrent malheurs et désunions. Après la fin du Nouvel Empire, l'Égypte connut un long déclin. Elle fut de nouveau partagée entre deux royaumes au sud et au nord. Ce dernier qui couvrait les terres du delta avec Sais pour capitale connut pourtant une période de prospérité aux VIIe et vie siècles av. J.-C. Mais affaiblie, l'Égypte devint pour longtemps la proie des envahisseurs. Après les Assyriens qui saccagèrent Thèbes en 663 av. J.-C., ce furent les Perses de Cambyse en 525 av. J.-C., les Grecs d'Alexandre le Grand en 332 av. J.-C., enfin les Romains au temps de César en 31 av. J.-C. qui s'emparèrent de la riche terre d'Égypte. Restés longtemps fidèles à leurs coutumes et à leurs croyances millénaires, les Égyptiens les abandonnèrent peu à peu aux premiers siècles de l'ère chrétienne. L'Égypte fut conquise au VIIe siècle ap. J.-C. par les Arabes, au XVIe par les Turcs. Protectorat britannique en 1914, elle ne retrouva son indépendance qu'en 1922. Voir Temple égyptien, Religion égyptienne.

ÉGYPTE (Campagne d'). Nom donné sous le Directoire à l'expédition française en Égypte menée par Napoléon Bonaparte et destinée à ruiner la domination anglaise en Méditerranée orientale et aux Indes. Malgré quelques victoires éphémères, la campagne fut un échec sur le plan militaire. Elle eut pour conséquence la formation d'une seconde coalition contre la France dans laquelle la Turquie et la Russie s'alliaient à l'Angleterre. Elle contribua néanmoins au prestige de Bonaparte, à la naissance de l'égyptologie grâce aux savants qui accompagnèrent Bonaparte et au réveil de la conscience de l'identité nationale égyptienne opprimée par la féodalité militaire des Mamelouks. Partie en mai 1798 de Toulon, la flotte française s'empara de Malte (juin 1798), débarqua à Alexandrie puis battit les Mamelouks au pied des Pyramides, permettant l'entrée de Bonaparte au Caire (23 juillet 1798). Peu après cependant, l'amiral anglais Nelson battit la flotte française ancrée à Aboukir, donnant à l'Angleterre la maîtrise de la Méditerranée orientale. La Turquie, suzeraine de l'Égypte, ayant déclaré la guerre à la France (février 1799), Bonaparte devança l'offensive des troupes turques rassemblées en Syrie mais, malgré plusieurs victoires, ne put s'emparer du port de Saint-Jean-d'Acre, ravitaillé par la flotte anglaise. Il ordonna la retraite, rejetant, à la seconde bataille d'Aboukir (juillet 1799), une armée turque débarquée dans le delta. Bonaparte, ayant appris les difficultés du Directoire et voyant la France mûre pour un coup d'État, partit secrètement d'Égypte, laissant le commandement à Kléber. Voir Brumaire (Coup d'État du 18), Méhémet-Ali, Pyramides (Bataille des).




RELIGION ÉGYPTIENNE

. Les Égyptiens adorèrent une foule de dieux. Ils les représentèrent sous une forme humaine mais plus souvent sous des traits mi-humains, mi-animaux et même seulement sous l'aspect animal. Les dieux les plus importants furent Ptah, Rê, Amon, Horus, Anubis, Thot, Apis et Bès. Pour mieux les connaître, on les regroupa par famille. Les plus célèbres furent la triade osirienne et la triade thébaine. Le culte rendu aux dieux avait pour but de leur prouver la foi et l'obéissance des hommes mais surtout de leur demander protection contre toutes les catastrophes possibles. Ce culte était rendu dans des temples immenses par les prêtres, seuls capables d'accomplir des cérémonies longues et compliquées. Les Égyptiens pensaient qu'après la mort commençait une nouvelle vie. Pour que le corps, enveloppe de l'âme, ne se décompose pas, on le momifiait. La momie reposait ensuite dans un sarcophage placé dans une tombe : mastaba pour les grands personnages, pyramide puis hypogée pour les pharaons. L'âme, une fois jugée par le tribunal d'Osiris, devait connaître la vie éternelle. Voir Temple égyptien.



TEMPLE ÉGYPTIEN. Le temple dans l'Égypte ancienne était avant tout la demeure du dieu. Il était toujours construit en pierres, contrairement aux habitations et aux palais royaux édifiés en briques. On y accédait par une grande allée bordée de sphinx. De chaque côté de l'entrée, encadrée par d'énormes pylônes, se dressaient vers le dieu-soleil Rê deux obélisques. L'intérieur du temple se composait d'abord d'une vaste cour intérieure entourée de portiques. C'était le seul endroit où le peuple était admis lors des grandes cérémonies durant lesquelles la statue du dieu était promenée sur une barque sacrée. Puis venait la salle hypostyle. Enfin, tout au fond, plongé dans l'obscurité et le mystère, se découvrait le sanctuaire. C'était là que se trouvait la statue du dieu auquel on rendait nuit et jour un culte quotidien : seuls les prêtres de rang élevé ou le pharaon pouvaient l'approcher. Les temples les plus connus qui subsistent aujourd'hui sont ceux d'Abydos, Karnak, Louxor et Abou-Simbel. Voir Temple funéraire.

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