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Duplessis-Mornay, Philippe de Momay, seigneur du Plessis-Marly, dit (Buhy, Vexin, 1549-La Forêt-sur-Sèvre 1623); un des chefs du parti protestant en France à la fin du xvie et au début du xviie siècle.

Duplessis-Mornay, Philippe de Momay, seigneur du Plessis-Marly, dit (Buhy, Vexin, 1549-La Forêt-sur-Sèvre 1623); un des chefs du parti protestant en France à la fin du xvie et au début du xviie siècle. Né en 1549 d'une ancienne famille de la noblesse berrichonne, D. était destiné par son père (fervent catholique) à l'Église. Mais sa mère, restée veuve en 1559 et acquise à la Réforme, le fait élever dans les idées évangéliques. Il renonce aux bénéfices qu'il pourrait espérer obtenir, et est gagné très jeune à la Réforme. Après avoir étudié quelque temps à Genève, puis voyagé en Italie et en Allemagne de 1565 à 1572, il revient en France et présente à Coligny un mémoire sur la situation des Pays-Bas qui est remarqué. À Paris, lors de la Saint-Barthélemy, il peut échapper au massacre, et, par Dieppe, se réfugier en Angleterre. Les années suivantes, il rentre en France et travaille à unir les huguenots et les politiques (catholiques hostiles à la politique de répression). Entré en 1576 au Conseil d'Henri de Navarre, il exerce une influence modératrice sur ce dernier, et remplit à plusieurs reprises des missions à l'étranger. Il est en même temps un propagandiste de talent. Il est, avec Hubert Languet, le coauteur des Vindiciae contra Tyrannos (1579), l'un des traités politiques les plus importants de l'époque des guerres de Religion : il conçoit l'autorité royale limitée par un double contrat qui lie le souverain avec Dieu et avec le peuple. C'est surtout à partir de 1583 que son influence est grande. Après la mort de François d'Anjou, qui fait d'Henri de Navarre l'héritier du trône, il préconise une Ligue d'union nationale, fait repousser à l'assemblée de Montauban (août 1584) l'appel aux armes que réclament les huguenots intransigeants. Il combat en 1585 la bulle de Sixte Quint qui déchoit Henri de Navarre de ses droits au trône de France et favorise le rapprochement avec les catholiques hostiles à la Ligue. Après les états de Blois (déc. 1588), il travaille à réconcilier Henri III et Henri de Navarre. Il obtient alors le gouvernement de Saumur. À l'avènement d'Henri IV, il rejoint le nouveau roi à Tours et est envoyé en mission en Angleterre. L'abjuration d'Henri IV lui est très douloureuse, et il lutte pour faire respecter les clauses de l'édit de Nantes, à l'élaboration duquel il n'a pas été appelé à participer. Surnommé « le Pape des huguenots », D. apparaît de plus en plus comme le chef du parti protestant. En 1598 il publie un Traité de T institution de l'Eucharistie où il attaque les définitions tridentines de la Cène. L'évêque d'Évreux, Du Perron, relève plusieurs erreurs dans cet ouvrage. D. accepte une controverse publique, qui se tient à Fontainebleau (mai 1600). Henri IV proclame vainqueur l'évêque d'Évreux, mais D., rentré à Saumur, publie un récit de la conférence qui ne correspond pas au voeu du roi. Il est, un moment, menacé d'un procès. Après la mort d'Henri IV, il s'efforce d'empêcher ses coreligionnaires de prendre les armes. Mais en 1620, l'assemblée des protestants de La Rochelle n'écoute pas ses conseils de prudence et l'écarte de la présidence. De son côté, le gouvernement royal lui ôte Saumur. Il se retire dans son château de La Forêt-sur-Sèvre, où il meurt en 1623.

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