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Dupanloup, Félix (Saint-Félix, Savoie, 1802-château de Lacombe, Savoie, 1878) ; évêque et homme politique français.

Dupanloup, Félix (Saint-Félix, Savoie, 1802-château de Lacombe, Savoie, 1878) ; évêque et homme politique français.

Né d'une paysanne et d'un père inconnu (appartenant sans doute à l'aristocratie française ou piémontaise, et qui protège toute sa jeunesse), il est élevé à Paris, au petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonneret, puis au séminaire de Saint-Sulpice. Ordonné prêtre en 1825, il devient vicaire des paroisses parisiennes de la Madeleine et de Saint-Roch et précepteur des enfants du duc d'Orléans ; il est étranger au mouvement ménaisien. Nommé en 1837 supérieur du petit séminaire de Saint-Nicolas (où il aura Ernest Renan pour élève), il s'y révèle un éducateur hors du commun ; il prend part en 1838 à la réconciliation du prince de Talleyrand avec l'Eglise et participe à partir de 1844 à la campagne pour la liberté de l'enseignement ; il est en 1850 l'un des principaux artisans de la loi Falloux qui rompt au bénéfice de l'enseignement secondaire catholique le monopole universitaire napoléonien. Nommé en 1849 évêque d'Orléans sur la recommandation de Falloux, D. poursuit une double carrière d'évêque et d'homme politique. À Orléans, il conduit avec énergie pendant près de trente ans une politique de restauration des cadres de la vie paroissiale et diocésaine, mais ne parvient guère à réduire l'indifférence religieuse des campagnes ; il est l'artisan du procès de béatification de Jeanne d'Arc. De sentiment légitimiste, mais enclin à se rallier aux gouvernements conservateurs, il est nommé sous l'Empire au Conseil supérieur de l'instruction publique (1853) et élu membre de l'Académie française (1854). Il s'engage avec éclat dans toutes les questions du temps. Ferme partisan de l'autorité épiscopale, favorable à des solutions de compromis entre l'Église catholique et le monde moderne, fidèle au Saint-Siège mais attaché au gallicanisme de sa jeunesse, il défend à son clergé la lecture du journal L'Univers de Louis Veuillot qu'il juge outrancier, protège contre Mgr Gaume l'enseignement des classiques latins, proteste contre l'intervention française en Italie qui met en danger les États du pape, défend la souveraineté temporelle de Pie IX, mais tente d'atténuer la portée des condamnations contenues dans le Syllabus des erreurs contemporaines (1864) et participe au concile Vatican I (1869-1870) dans les rangs de la minorité des évêques hostiles à la proclamation de l'infaillibilité pontificale. Élu député du département du Loiret (1871), puis sénateur inamovible (1875), il oeuvre en vain aux tentatives de fusion entre les dynasties des Bourbons et des Orléans et de restauration de la monarchie en France. Ses dernières années sont attristées par la montée de l'anticléricalisme. Alors que le nouveau pape Léon XIII songeait sans doute à le faire cardinal, il meurt en Savoie ; son corps repose dans la cathédrale d'Orléans.

DUPANLOUP, Félix (Saint-Félix, près de Chambéry, 1802-château de Lacombe, Savoie, 1878). Prélat français, il fut l'un des inspirateurs de la loi Falloux, favorable à la liberté de l'enseignement. Évêque d'Orléans en 1849, chef de file du catholicisme libéral, il s'opposa violemment à Renan, Taine et Littré, démissionnant de l'Académie française lorsque ce dernier fut élu. Il défendit les positions de Pie IX.

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