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Dunstan, saint (v. 909-988) ; réformateur de la vie monastique, archevêque de Canterbury.

Dunstan, saint (v. 909-988) ; réformateur de la vie monastique, archevêque de Canterbury. Au IXe siècle, les incursions continuelles des Danois en Angleterre infligent des dommages considérables à l'Église et rendent impossible une vie monastique conforme à la règle. Malgré quelques tentatives importantes sous Alfred le Grand et Athelstan, ce n'est qu'à partir du milieu du Xe siècle qu'un rétablissement de la vie monastique se révèle possible. C'est le couvent de Glaston-bury, dans le Wessex, qui forme le point de départ de ce renouveau. C'est vers 943 que le roi Edmond a placé D. à sa tête comme abbé. Fils d'un noble saxon allié à la famille royale, neveu de l'archevêque de Canterbury Athelm et de l'évêque de Winchester Aelfheah, D. est prêtre et moine depuis son jeune âge. Dans son couvent, illustre par la richesse de sa bibliothèque mais occupé jusque-là par des religieux séculiers, il remet en vigueur la règle de saint Benoît, comme elle était observée autrefois dans les couvents anglo-saxons. À partir de Glastonbury, de nombreux disciples de D. se rendent dans les principaux monastères d'Angleterre, pour encourager la diffusion de l'état monastique. Un conflit grave, d'ordre personnel, avec le jeune roi Eadwig, contraint D. à quitter l'Angleterre en 956. En exil, au couvent Saint-Pierre de Gand, il s'initie aux mouvements réformateurs du Continent. Lorsqu'il est rappelé en 957 en Angleterre par l'avènement, en Mercie, du roi Edgar et qu'il devient évêque de Worcester, plus tard de Londres, D. trouve un appui enthousiaste chez le roi. Lorsqu'il est nommé archevêque de Canterbury, en 960, il paraît certes se mettre un peu en retrait du mouvement de réforme qu'il a lancé, mais ses amis et ses disciples continuent à oeuvrer dans ce sens. Avec l'aide de moines venus des couvents réformés du Continent (Saint-Pierre de Gand, Fleury), une nouvelle règle monastique est élaborée en 970 (Regularis concor-dia), qui, comme son nom l'indique, mêle les traditions continentale et anglo-saxonne, et devient obligatoire pour tous les couvents anglo-saxons. L'influence du mouvement réformateur dépasse même le cadre étroit de la vie monastique ; des partisans de la réforme viennent à occuper en grand nombre les sièges épiscopaux du pays et entreprennent de réformer le bas clergé séculier, à qui l'on enjoint de respecter la règle du célibat. A destination des laïcs, le mouvement réformateur crée une littérature religieuse en prose, en langue anglo-saxonne, une innovation dont l'influence est particulièrement profonde. Lorsqu'il est nommé archevêque et qu'il devient le conseiller le plus éminent du roi Edgar, D. utilise son influence pour agir sur la législation royale, même s'il est difficile d'y retrouver exactement la part qui est la sienne.

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