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dominicains

dominicains, religieux d’un ordre fondé par saint Dominique. Son véritable nom est celui de Frères prêcheurs, car le but premier de cette institution était la prédication, l’enseignement de la doctrine chrétienne et la défense de la foi devant les hérésies qui divisaient l’Occident. L’ordre s’est répandu très vite en Europe et au-delà. Il joua un très grand rôle dans les universités et les missions. La règle et celle de saint Augustin, et les constitutions celles des prémontrés. Les dominicains observent les vœux habituels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, pratiquent l’abstinence d’aliments gras et jeûnent régulièrement. Ils sont vêtus de la coule — large robe avec un capuchon de laine blanche — et portent à l’extérieur un grand manteau noir. Leur nom est accompagné des lettres O.P. (ordre des Prêcheurs). L’ordre a donné au cours des siècles les très grands noms d’Albert le Grand, de saint Thomas d’Aquin, de Fra Angelico, de Maître Eckart, etc. Comme celui des Bénédictins, il n’échappa pas au relâchement des XVe et XVIe s., d’où des réformes et des congrégations particulières. En France, les dominicains étaient plutôt appelés jacobins, du nom de leur premier couvent installé rue Saint-Jacques à Paris (mais c’est celui du marché Saint-Honoré qui donna son nom au célèbre club révolutionnaire des Jacobins). Tous les religieux furent chassés de France en 1793 ; ils revinrent au XIXe s. avec Lacordaire qui participa au rétablissement de la stricte observance. Les dominicains ont encore une grande influence; ils savent utiliser les moyens nouveaux d’information et sont très dynamiques. Ils sont à l’origine de la rénovation de l’art sacré. D’abord uniquement contemplatives, les religieuses dominicaines se divisèrent en plusieurs branches, se dirigeant les unes vers l’enseignement des jeunes filles, les autres vers les malades, les pauvres, les prisonniers et même les prostituées. Il existe un tiers ordre, comme chez les franciscains. Ce fut d’abord celui de la «Milice de Jésus-Christ», très sévère, fondée par saint Dominique, puis, bien plus tard, un tiers ordre enseignant.

DOMINICAINS. Ordre religieux appelé aussi Frères prêcheurs, fondé à Toulouse en 1215 par saint Dominique pour lutter contre l'hérésie des Albigeois. Soumis à la règle de saint Augustin, l'ordre ajouta à sa tâche de prédication celle de l'enseignement et joua un rôle important à l'université de Paris, notamment au XIIIe siècle. Il fut chargé de l'inquisition à partir de 1233. Supprimés en France par la Révolution, les dominicains y furent rétablis en 1839. Voir Thomas d'Aquin (saint).




Ordre religieux catholique fondé à Toulouse en 1215 par st Dominique selon la règle canoniale de st Augustin. En 1216/17, les frères prêcheurs reçurent d'Honorius III une exemption de fait (car le concile du Latran, en 1215, avait interdit toute fondation d'ordre nouveau) et l'organisation définitive de l'ordre fut mise au point aux chapitres de Pologne (1220/21). Créés au milieu des luttes contre l'hérésie cathare, les dominicains furent avant tout destinés à répandre le message chrétien par la prédication et l'enseignement. Les frères avaient reçu une licence générale de prédication dans toute la chrétienté, indépendamment du pouvoir ordinaire des évêques. L'ordre des Frères prêcheurs, comme celui des Franciscains, était un ordre mendiant, pratiquant la pauvreté évangélique. Leur vie fut donc intermédiaire entre celle des moines et celle des chanoines réguliers : à la différence des observances bénédictines de l'époque précédente, leurs constitutions (1228) ne mentionnaient pas l'obligation du travail manuel, réduisaient au minimum la durée de l'office du chœur et subordonnaient tout aux nécessités de l'apostolat. Le système éducatif interne à l'ordre (chaque couvent devant avoir un studium élémentaire, complété par des studia generalia communs à une province de l'ordre) était complété par les universités, alors en plein développement. L'ordre se répandit rapidement dans toute l'Europe. Il s'établit en 1218 à Paris, où les dominicains furent connus sous le nom de jacobins, car leur couvent se trouvait rue Saint-Jacques : dès 1229 un dominicain occupait une chaire de théologie à l'université de Paris. Leur rôle a été capital dans le développement de la scolastique à partir du XIIIe s. : deux dominicains, Albert le Grand et Thomas d'Aquin, acclimatèrent l'aristotélisme dans la philosophie chrétienne, et le thomisme devint la doctrine officielle de l'ordre. La vie intellectuelle dominicaine s'exprima également chez les mystiques rhénans du XIVe s., Eckhart, Tauler, Suso. Gardiens vigilants de l'orthodoxie catholique, les dominicains fournirent la plupart des cadres de l'Inquisition. Au XVe siècle, l'ordre connut une crise, mais il joua un grand rôle dans la Réforme catholique, avec des hommes tels que Pie V et Cajetan. Cependant, des rivalités parfois fort vives opposèrent les dominicains aux jésuites, en particulier lors des discussions sur la grâce. Supprimés en France avec les autres ordres religieux en 1790, ils furent rétablis par Lacordaire en 1841.

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