Dietrïch de Niem [Nieheim] (Brakel v. 1350-Maastricht 1418); théoricien allemand.
Dietrïch de Niem [Nieheim] (Brakel v. 1350-Maastricht 1418); théoricien allemand. D. est originaire de Westphalie. Jeune encore, il se rend en Italie ; Rome devient sa seconde patrie et il y étudie de manière approfondie le droit canonique, mais sans se préoccuper d'obtenir des grades universitaires. À partir de 1370 environ, il est au service de huit papes successifs, ce qui lui donne une excellente connaissance des affaires du gouvernement pontifical. Bien qu'il se révèle indispensable, on l'oublie souvent lors des promotions mais, comme il est parfaitement au courant du système bénéficiai, il parvient à se procurer, sans être obligé d'acquitter les redevances habituelles, des revenus considérables dans les évêchés d'Hildesheim, Minden, Cologne et Maastricht ; à Rome, il fait de généreux legs pour l'hospice des Allemands, l'Anima, ainsi qu'à Münster. En 1395, sur décret du pape, mais contre la volonté du chapitre cathédral, il est nommé évêque de Verden ; cependant, malgré un conflit qui dure des années, il ne réussit pas à s'affirmer, et, en 1401, Boniface IX lui retire son siège d'évêque. Pendant le Grand Schisme, aux côtés de Conrad de Gelnhausen, Henri de Langen-stein et Pierre d'Ailly, D. prend parti, en de nombreux écrits et avec la plus grande liberté de ton, pour le rétablissement de l'unité de l'Église et pour sa réforme. En 1399, pour la première fois, il s'élève contre la simonie et la soif d'argent des papes. Il le fait sous la forme d'une chronique, narrant l'histoire des empereurs de Charlemagne à Frédéric II ; il célèbre les empereurs en tant que bienfaiteurs de l'Église, et avant tout, ce que personne n'a osé faire avant lui, les Hohenstaufen et, parmi eux, Frédéric IL Animé par des prises de position partisanes, D. condamne les exactions de Charlemagne contre les Saxons, mais son esprit de clan se transforme en une exaltation de l'Allemagne. Il mène une polémique sans ménagements contre les abus de l'Église, en particulier contre la pratique des indulgences. Dans le traité qu'il dédie à l'archevêque de Cologne, Le Bois de l'union (1408), un épais recueil de lettres et de documents au sujet des négociations entre Grégoire XII et son adversaire Benoît [XIII], D. exprime l'avis que les deux papes doivent se retirer, pour laisser la place à un troisième qui sera élu à l'unanimité. En accord avec cette politique, D. abandonne alors le parti romain pour se ranger aux côtés du parti conciliaire, rassemblé à Pise. Ses trois Livres sur le schisme traitent eux aussi du thème fondamental de l'unité de l'Église ; et même s'il y scrute la légitimité des différents papes, sans les ménager, cette oeuvre marque aussi la naissance d'une histoire de la grande division de l'Église, à laquelle il intègre à nouveau quantité de documents importants. C'est cette même année 1410 qui voit naître l'ouvrage principal de D., le grand Dialogue sur l'union et la réforme de l'Église, qui se prononce en faveur de l'idée conciliaire pour sauver l'unité de la papauté et donc de la chrétienté. Comme Guillaume d'Ockham, il voit dans l'Église la somme de tous les fidèles ; elle a besoin d'une structure hiérarchique, mais il lui faut un contrepoids, qu'il trouve dans la personne de l'empereur, le « gardien du bien commun », à qui seul il revient de convoquer le concile universel. Dans le droit fil de ces écrits que l'on qualifierait aujourd'hui de politiques, il compose des oeuvres historiques, une Histoire de l'Allemagne (Privilegia aut jura imperii, 1413) et le traité Viridarium imperatorum et regum Romanorum, travail préparatoire qui s'appuie plus fortement sur les sources documentaires. L'année suivante, à partir de ce retour vers le passé, il écrit les Avisa-menta édita in concilia Constanciensi, où il propose un programme pour le concile de Constance, en avançant des propositions pratiques de réforme et en s'inspirant de l'idée fondamentale selon laquelle la chrétienté doit être conduite conjointement, dans une unité indissoluble, par le pape et l'empereur. Peu après la fin du schisme et la dissolution du concile, D. meurt en septembre 1418 à Maastricht.
Liens utiles
- Paul Hindemith1895-1963Compositeur allemand, également violoniste et théoricien, Hindemith aborda tous lesgenres musicaux pour explorer à travers ses oeuvres les différents courants contemporains.
- Hindemith Paul Altiste, compositeur et théoricien allemand
- lecture linéaire candide ou l'optimisme: l’idée du philosophe allemand Leibniz, selon laquelle tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible
- Critique sur le film "Der Fall Collini" en allemand
- Rédiger en allemand