DELORS Jacques (1925-)
Homme politique français et européen.
Économiste de formation, Jacques Delors travaille à la Banque de France, puis au Commissariat général du Plan, tout en militant dans le syndicalisme chrétien et dans les groupes de réflexion de la gauche chrétienne. En 1969, il entre au cabinet du Premier ministre gaulliste Jacques Chaban-Delmas (1969-1972) pour soutenir le projet de « nouvelle société » visant à mieux répondre aux aspirations révélées par Mai 68. J. Delors est à l’origine de la relance de la négociation collective et de la loi qui fait de la formation professionnelle continue un droit nouveau. En 1974, il adhère au Parti socialiste. Élu en 1979 au Parlement européen, il en préside la Commission économique et monétaire. Devenu, avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981, ministre de l’Économie et des Finances, il impose en 1982 une politique d’austérité, prix à payer pour un « franc fort » et un retour aux « grands équilibres ». De 1985 à 1994, il préside la Commission de l’Union européenne et se montre un ardent défenseur du processus d’intégration. En 1986, est signé l’Acte unique européen qui prévoit la réalisation d’un marché unique et une coopération politique élargie. Il prépare le traité de Maastricht qui institue en 1992 une union politique, économique et monétaire. À la fin de son mandat, il laisse une Europe profondément rénovée et élargie à quinze États. Invité par le Parti socialiste à se présenter en France aux élections présidentielles de 1995, il hésite longtemps avant de refuser et se place en retrait de la vie politique.
Delors, Jacques (né à Paris en 1925) ; homme politique français, président de la Commission de la Communauté européenne [1985-1994]. Le nom de D. est attaché à l’affirmation de l’exécutif de la Communauté européenne au tournant des années 1990. Fils d’un employé de banque parisien, catholique pratiquant, il est licencié en économie et diplômé du Centre d’études européennes de banques. Entré à la Banque de France, il y demeure jusqu’en 1962 en qualité de chef de service et d’attaché au cabinet du directeur général des titres et du marché monétaire. Membre du service du Plan et des investissements au Conseil économique et social (1959), puis chef du service des Affaires sociales au Commissariat général du Plan de 1962 à 1969, il entre en politique en qualité de conseiller pour les Affaires sociales et culturelles (1969), puis de chargé de mission (1971) auprès du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas. De 1973 à 1979, il cumule les fonctions de membre du Conseil général de la Banque de France et de professeur associé de gestion des entreprises à l’université Paris-IX Dauphine et adhère au parti socialiste. Délégué du parti socialiste pour les relations économiques internationales et député européen lors des premières élections au suffrage universel (juin 1979), il occupe au Parlement de Strasbourg les fonctions de président du Comité économique et monétaire. Il accède au gouvernement à la suite de la victoire de Mitterrand aux élections présidentielles. Successivement ministre de l’Économie et des Finances (mai 1981), puis des Finances et du Budget (mai 1983) des gouvernements dirigés par Pierre Mauroy, il applique d’abord une politique de « rupture » partielle avec l’économie libérale, préside à trois dévaluations successives du franc (oct. 1981, juin 1982 et mars 1983), puis met en oeuvre une politique de rigueur économique et monétaire à partir du printemps 1983. Nommé en juillet 1984 président de la Commission de la Communauté européenne, il entre en fonction le 1er janvier 1985 et préside au renforcement de l’exécutif européen {Acte unique de déc. 1985), à l’élargissement de la Communauté (adhésion de l’Espagne et du Portugal en janv. 1986) et à l’approfondissement de l’union des États membres (accords de Schengen sur la libre circulation des personnes ; traité de Maastricht des 9 et 10 déc. 1991 sur l’Union européenne et l’Union monétaire). Après le difficile ralliement de la France au traité (par 51 % des voix au référendum de sept. 1992) et l’effondrement électoral du parti socialiste aux élections de mars 1993, la fin du mandat européen de D. coïncide avec l’échéance des élections présidentielles de mai 1995 auxquelles il décide de ne pas participer comme candidat malgré de fortes pressions, en particulier du parti socialiste.
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- DELORS, Jacques (né en 1925)Après une carrière à la Banque de France (1945-1962), il entre au cabinet du Premier ministre Chaban-Delmas en 1969, avec lequel il élabore le projet de la " Nouvelle société ".
- Devoir de français: Jacques Lacarrière (1925-2005) "La voie du solitaire", Le Monde, 12 février 1983
- DELORS, Jacques
- Texte de Jacques Delors
- On connaît Jacques Delors en tant que président de la Commission des Communautés européennes.