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DÉFINITION

Du latin definire, «délimiter», «borner» (dérivé de finis, «borne», «limite», « terme »).

- Opération qui consiste à déterminer la compréhension d’un concept, c’est-à-dire l’ensemble de ses caractères essentiels. - Explication précise de ce qu’un mot signifie.

• On distingue traditionnellement les définitions nominales (ou de nom), qui établissent de manière conventionnelle une équivalence entre un nom (le défini) et une proposition dont les termes sont connus (la définition), et les définitions réelles (ou de chose), qui prétendent exprimer l'essence ou la nature de l'objet défini.
• Pour Aristote, la définition nominale est une « absurdité », dans la mesure où elle ne dit rien de la nature de la chose définie. On pourrait même ainsi définir « des choses qui n'existent pas » (exemple : « le centaure est un être moitié cheval, moitié homme »).
 
DÉFINITION, n.f. Formule claire, concise, qui exprime la nature d’un être (matériel ou non ; ex. : définition de l’homme, du triangle, de l’âme). L’une des formes les plus classiques est celle qui a été exposée par Aristote, où la définition donne l’essence d’une chose en énonçant le genre, puis la différence spécifique, par exemple, « l’homme est un animal (genre) raisonnable (différence spécifique) ». — En théologie, une définition dogmatique proclame une vérité faisant partie de la Révélation (immuable) ; par exemple, la proposition qui affirme le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.

DÉFINITION
C’est l’opération qui détermine la compréhension d’un concept. D’où, en logique formelle et depuis Aristote, l’habitude de la constituer par juxtaposition du genre prochain et de la différence spécifique. Par exemple : l’homme est un animal (genre qui inclut son espèce) raisonnable (différence entre son espèce et les autres). Spinoza remarquait que « toute détermination est une négation » dans la mesure où elle indique ce que le concept ne peut pas être en repérant l’essence de la chose désignée. Hegel déduira de cette remarque un des fondements de sa dialectique.
♦ On nomme, en mathématiques, définition génétique celle qui énonce la construction d’un objet mathématique (par exemple, le cercle est la figure engendrée par la rotation dans un plan d’un segment de droite - rayon - autour d’un point).

DÉFINITION (lat. definire, borner, fixer les limites)

Log. Opération qui consiste à déterminer l'ensemble des caractères essentiels d'un concept. Ainsi, une définition n'est pas purement descriptive : elle dit moins tout ce qu'est une chose que ce qu'elle ne peut pas ne pas être, autrement dit ce qui lui est strictement nécessaire pour être ce qu'elle est. « La définition fait connaître ce qu'est la chose » (Aristote); c'est une proposition qui énonce l'essence d'un être, d'une chose.

définition, énonciation des qualités essentielles à un objet. — Une bonne définition doit nous permettre à coup sûr de « reconnaître » l'objet défini. En logique, toute définition doit être réciproque : « L'homme est un animal raisonnable; tout animal raisonnable est un homme. » Elle doit être brève et aussi claire que possible. Le modèle en est donné par la définition qui comporte le genre et la différence spécifique : « Le triangle est un polygone (genre) à trois côtés (différence spécifique). »

DÉFINITION (n. f.) 1. — (Lato) Opération consistant à déterminer ou à indiquer avec précision les limites de quelque chose. 2. — (Stricto) Proposition exprimant la nature ou l’essence de quelque chose ; la définition doit convenir au défini et au seul défini ; Syn. définition réelle. 3. — (Logique class.) Enoncé des éléments constituant la compréhension d’une idée. 4. — (Logique math.) Égalité signifiant que l’expression écrite à gauche du signe « = » peut être remplacée en toutes ses occurrences par celle écrite à droite. 5. — Définition par la cause : (Ant., scol.) « discours qui montre pourquoi la chose est » (Aristote). 6. — Définition génétique : énoncé des moments constituant la genèse d’un concept ou montrant comment on peut le construire. 7. — Définition indirecte :
a) Pour Russell, définition au sens 4, dans laquelle l’expression écrite à gauche de « = » n’est pas le terme à définir, mais une expression qui le contient.
b) (Lato) Se dit de toute procédure de définition qui ne consiste pas à énoncer les propriétés du défini tout en ayant pour fin de les faire connaître (cf. 5 et 6).
8. — Définition de nom (ou nominale) : a) Énoncé de caractères suffisant pour reconnaître un objet, mais ne constituant pas son essence complète, cf. essence nominale, b) « Discours expliquant ce que signifie le nom » (Aristote) ; « Explication de ce qu'un mot signifie suivant l'usage ordinaire d'une langue ou son étymologie » (Arnauld et Nicole), c) Proposition (qui ne saurait être fausse) énonçant qu’on donne arbitrairement à un terme la signification exprimée par d’autres termes, et que désormais on pourra remplacer ceux-ci par celui-là (cf. sens 4). Rem. : en chacun de ces sens, opposée à définition réelle.
9. — Définition opératoire : « Une définition opératoire est une définition qui comporte la description d'un procédé régulier pour repérer, mesurer, plus généralement atteindre et identifier le concept défini » (Ullmo). 10. — Définition par postulat : dans une axiomatique, les termes primitifs ne peuvent être définis, plutôt que de les considérer comme des indéfinissables, on admet depuis Gergonne que les axiomes ou postulats en fournissent une définition implicite.


Définition. Périphrase qui consiste à présenter et à expliquer une chose. En lexicographie, on distingue, depuis Aristote, deux grands types de définitions. La première, considérée comme la définition parfaite, est la définition par le genre et la différence spécifique : elle range la chose à définir dans une catégorie générale, et montre en quoi elle se distingue des autres éléments de la catégorie : Anecdote : récit (genre) court et piquant de quelque fait particulier (différences spécifiques). {Dictionnaire Quillet de la langue française) C’est une définition par inclusion logique. La seconde, la définition par énumération des parties, apparaît en particulier pour accompagner un genre beaucoup trop vague pour être informatif : Râteau : instrument à dents de fer ou de bois fixées à une traverse munie d’un long manche. {Dictionnaire Quillet de la langue française) Elle est jugée moins bonne. En principe, la périphrase définitionnelle devrait pouvoir se substituer au terme défini. Ce n’est pas le cas avec les définitions descriptives : L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l’égard des autres (Pascal, Pensées) et les pseudo-définitions souvent métaphoriques qui n’ont que le cadre syntaxique de la définition, mais proposent des propriétés nouvelles ou non essentielles : L’homme seul est un escalier. (Aragon) La définition constitue en rhétorique un des arguments de l’invention. C’est un moyen de lier entre elles des propositions, en même temps qu’elle peut servir de base sur laquelle appuyer une argumentation. La définition dans le discours participe de surcroît à l’argumentation en ce qu’elle suppose toujours que le locuteur a opéré un choix, orienté par sa thèse, entre plusieurs définitions possibles :
Je me croirais le plus heureux des mortels, si je pouvais faire que les hommes pussent se guérir de leurs préjugés. J’appelle ici préjugés, non pas ce qui fait qu’on ignore de certaines choses, mais ce qui fait qu’on s’ignore soi-même. (Montesquieu, L'Esprit des lois) C’est ce qui se produit en particulier lorsqu’il s’agit de définir une de ces grandes notions fondamentales mais floues, comme démocratie ou liberté, qui sous-tendent l’argumentation.

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