DECAZES ET DE GLÜCKSBERG (ÉLIE, DUC)
Homme d'État français né à Saint-Martin-de-Laye (Gironde) en 1780, mort à Decazeville en 1860. Avocat à Libourne, juge au tribunal de la Seine (1806), conseiller l'année suivante au cabinet de Louis Bonaparte (alors roi de Hollande), puis conseiller à la cour d'appel de Paris, il se rallia aux Bourbons sous la Restauration. En conséquence, il obtint de Louis XVIII le poste de préfet de police (1815), un siège à la Chambre et, la même année, le ministère de la Police.
Il soutint une politique de modération qu'il put appliquer en 1819 lorsqu'il acquit le portefeuille de l'intérieur et la présidence du Conseil. Après l'assassinat du duc de Berry (février 1820), il dut démissionner à cause des haines qu'avait soulevées chez les ultras son attitude modérée.
Fait duc et pair, il se rallia à Louis-Philippe en 1830. Il créa les forges de Decazeville.
Decazes, Élie, duc (Saint-Martin-de Laye 1780-Decazeville 1860) ; homme politique français. Le créateur des célèbres forges de Decazeville est un bel exemple d’opportunisme politique et de passion du pouvoir. En effet il a traversé et servi plusieurs régimes politiques : l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet. Après des études de droit, il débute comme avocat à Libourne, puis devient juge au tribunal de la Seine en 1805. Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, le choisit pour appartenir à son cabinet comme conseiller. En 1811 il est également conseiller auprès de la cour impériale. Rallié aux Bourbons, il reste à l’écart des Cent-Jours. Après Waterloo, Louis XVIII, qui apprécie sa fidélité, le nomme préfet de police puis, en remplacement de Fouché, ministre de la Police. Séduit un temps par les ultra-royalistes, il s’en éloigne à la suite de leurs excès et devient le chef du parti des constitutionnels modérés, où figurent le duc de Richelieu, Lainé, Pasquier, Molé, Royer-Collard et Guizot. Devenu l’un des hommes clés du régime, il est nommé pair de France en 1818. En fait cet homme séduisant, qui aime le luxe et les honneurs, est le véritable chef du ministère de 1816 à 1820. En particulier quand en 1818 il remplace Richelieu en tant que ministre de l’intérieur. Il s’emploie à l’oeuvre d’organisation du régime constitutionnel en s’appuyant sur les partis de gauche. C’est ainsi qu’il s’oppose aux menées ultra-royalistes, fait dissoudre la Chambre introuvable en septembre 1816, abolir la plupart des lois d’exception et modifier la loi électorale dans le sens de l’ouverture en abandonnant le système d’élection à plusieurs degrés (1817). Il brise l’opposition de la Chambre des pairs en faisant nommer en une seule fournée soixante nouveaux pairs (mars 1819). Il destitue aussi des préfets réactionnaires, tente de gagner l’opinion par des mesures libérales notamment sur la presse, mais il ne parvient pas à contenir la montée des ultras : son ministère doit démissionner après l’assassinat du duc de Berry, l’héritier du trône, dans la nuit du 13 au 14 février 1820. Il est remplacé par le duc de Richelieu. Afin de le remercier pour les services rendus, Louis XVIII lui accorde le titre de duc puis le nomme ambassadeur à Londres. Rappelé en 1821 par le ministère Villèle, il se contente de siéger à la Chambre des pairs, où il demeure le chef de file des libéraux. Son ralliement à Louis-Philippe n’est pas sanctionné par un retour aux responsabilités politiques. Désormais, il se consacre à l’agriculture et aux forges de Decazeville, en Aveyron, qu’il avait créées en 1825 avec ses propres deniers. La saga familiale ne s’achève pas avec sa mort : son fils Louis (1819-1886) reprend le flambeau : il entre dans la diplomatie sous Louis-Philippe, n’adhère ni à la IIe République ni au Second Empire. Député orléaniste de la Gironde en 1871, il devient l’un des chefs du centre droit de l’Assemblée nationale et ministre des Affaires étrangères de 1873 à 1877 : il se consacre à contenir, avec l’aide de l’Angleterre et de la Russie, les ambitions de Bismarck.
Bibliographie : R. Langeron, Decazes, ministre du roi, 1960.
DECAZES ET DE GLÜCKSBERG, Élie, duc (Saint-Martin-de-Laye, 1780-Decazeville, 1860). Homme politique français. Royaliste modéré, il fut le ministre favori de Louis XVIII. Avocat, ancien fonctionnaire impérial, Decazes se rallia aux Bourbons en 1814 et succéda à Fouché comme ministre de la Police. Favorable à l'application de la Charte constitutionnelle de 1814, il devint rapidement le conseiller du roi Louis XVIII qui le nomma chef de cabinet après la chute de Richelieu. Véritable chef du gouvernement (1818-1820) et grand admirateur de la monarchie anglaise, il tenta d'appliquer un programme libéral. Cherchant le soutien de la gauche, il brisa l'opposition de la Chambre des pairs en faisant nommer 60 pairs nouveaux, destitua les préfets ultra royalistes et décida différentes mesures libérales, comme la loi de mars 1819 favorable à la liberté de la presse. Cependant, attaqué par les ultras, Decazes fut aussi jugé trop modéré par les libéraux qui gagnaient des sièges à la Chambre des députés, partiellement renouvelée chaque année. Soutenu par la seule confiance de Louis XVIII, Decazes dut finalement démissionner après l'assassinat du duc de Berry (février 1820), les ultras attribuant à sa faiblesse la responsabilité du crime. Fait duc et pair de France, il se rallia à Louis-Philippe Ier en 1830, puis se retira de la vie politique. Il se consacra au puissant ensemble industriel - les forges de Decazeville dans l'Aveyron - qu'il avait créé en 1825 avec sa fortune personnelle.
Liens utiles
- DECAZES et DE GLÜCKSBERG, Elie, duc (1780-1860)Homme politique, il prône contre les ultra-royalistes l'application de la Charte de 1814.
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- Louis, duc de Decazes et de Glücksberg1819-1886Fils de l'homme d'État de la Restauration, il sera ministre des Affaires étrangères deMac-Mahon, entre 1873 et 1877, cherchant constamment l'appui des pays européens contrel'Allemagne.
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