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CORPORATION

Organisme qui regroupait tous les membres d'une même profession. Dans l'Antiquité, le monde grec a connu les Thiases, corporations regroupées autour du culte d'une divinité. Le monde romain a connu les Collèges, également placés sous le patronage de quelque divinité et dont le rôle était celui de sociétés d'entraide, notamment pour assurer la sépulture de ses membres. Le système corporatif est apparu dans la société européenne du haut Moyen Age : en France, par exemple, pour s'entraider et se défendre, les gens d'un même métier s'organisèrent en « corps » ou communauté, juridiquement reconnue par les pouvoirs, et hiérarchisée en maîtres, compagnons et apprentis. Deux sortes de communautés ont existé, celles des métiers jurés et celles des métiers réglés. Les premières appelées jurandes ont été les seules associations reconnues et réglementées par le pouvoir royal - il en fut ainsi à Paris - et les secondes ont été réglées par des municipalités ou des autorités locales - Lyon en fut un exemple. Mais quatre métiers étaient partout jurés : les orfèvres, les apothicaires, les imprimeurs et les serruriers. Quelques métiers cependant étaient libres, parce qu'on les exerçait sans contrainte communautaire. Les statuts des corporations, toujours dirigées collégialement par des maîtres, réglaient en détail l'exercice des métiers et finirent par les enfermer dans des réglements tatillons : nombreux furent les procès entre tailleurs et fripiers, entre savetiers et cordonniers. Au Moyen Âge l'accès à la maîtrise restait largement ouvert aux compagnons, puis elle se ferma et devint héréditaire. Le pouvoir royal contribua au déclin des corporations en vendant des offices de jurés ou de maîtrises. En Angleterre elles disparurent spontanément au XVIIIe s. du fait de la première révolution industrielle ; en France, les physiocrates prouvèrent qu'elles entravaient l'activité économique et Turgot, par l'édit de févr. 1776, les supprima. Mais son renvoi empêcha l'application de l'édit. Légèrement réformé, le système perdura jusqu'à la Révolution qui les supprima par la loi Le Chapelier de 1791.

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