CORDAY Charlotte
Jeune femme française. De la famille noble des Corday d'Armont, cette lectrice fervente de Rousseau, qui admirait les héros de Plutarque et de Corneille, dont elle était l'arrière-petite-nièce, sympathisa d'abord avec les idées révolutionnaires, mais fut indignée par les crimes de la Terreur. Sous l'influence de Girondins réfugiés en Normandie, en particulier de Barbaroux, elle vint à Paris en 1793 avec le projet de tuer Marat ; elle prétendit lui faire d'importantes révélations et le poignarda dans son bain (13 juill. 1793). Arrêtée aussitôt, elle fut exécutée quatre jours plus tard.
Corday, Marie-Anne Charlotte d’Armont, dite Charlotte (Ronceray 1768-Paris 1793). Issue d’une famille de petite noblesse, arrière-petite-fille de Corneille, elle passe sa jeunesse à Caen où elle s’accommode mal d’une éducation au couvent. Fascinée par la Grèce, Rome, Plutarque et Tacite, elle se passionne également pour les idées républicaines de Rousseau et de l’abbé Raynal. Tandis que ses deux frères émigrent, elle suit avec passion les événements politiques. Mais les massacres de Septembre l’éloignent du mouvement révolutionnaire. Après leur arrivée à Caen elle se lie avec des Girondins proscrits dont elle apprécie le courage. C’est ainsi que naît en elle le projet d’assassiner Marat qu’elle considère comme le symbole monstrueux d’une Révolution dévoyée. Sans informer quiconque, elle part pour Paris et, le 13 juillet 1793, pénètre chez Marat en prétextant des révélations à faire sur une conspiration : elle le poignarde dans son bain alors qu’il écrit sous sa dictée. Emprisonnée à l’Abbaye puis à la Conciergerie, elle est jugée par le Tribunal révolutionnaire, devant lequel elle revendique entièrement son acte. Elle est condamnée et guillotinée au lendemain des funérailles nationales accordées à Marat. Malgré l’horreur que son crime suscita en raison de la popularité de la victime, elle finit par entrer dans la légende anti-révolutionnaire sous les traits d’une héroïne cornélienne.