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CONFESSIONNALISME LIBANAIS

CONFESSIONNALISME LIBANAIS

La Constitution de 1926 inaugure le « communautarisme politique » en liant la représentation parlementaire aux équilibres démographiques des différentes communautés religieuses libanaises, fixés lors de l’unique recensement de 1932. C’est avec le Pacte national (1943), non écrit, que le confessionnalisme devient la base de fonctionnement du système politique du Liban. Les charges gouvernementales, administratives, militaires, sont réparties sur une base a priori égalitaire entre chrétiens (maronites et autres minorités) et musulmans (sunnites, chiites et druzes). Cependant, au Parlement, six chrétiens sont élus pour cinq musulmans. Au sommet de l’État, le président de la République doit être chrétien, le Premier ministre musulman sunnite, le président du Parlement musulman chiite. Le Pacte, qui favorisait les élites maronites et sunnites, a été contesté très tôt, les musulmans étant devenus majoritaires (et notamment les chiites, première communauté du pays). Les accords de Taëf (1989), en établissant une représentation égalitaire entre chrétiens et musulmans au Parlement, ont seulement aménagé ce système fragile, source de clientélisme, de corruption, et ferment de la guerre civile qui a déchiré le pays entre 1975 et 1991.