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COLLIER (affaire du)

Célèbre affaire d'escroquerie qui remua profondément l'opinion dans les dernières années de l'Ancien Régime et qui, par l'importance des personnalités mises en cause, contribua à jeter un discrédit supplémentaire sur la cour et sur la monarchie. L'affaire fut montée par une aventurière, la comtesse de La Motte aidée par l'aventurier Cagliostro. Sachant que le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg et grand aumônier de France, désolé de ses mauvaises relations avec la cour, était prêt à tous les sacrifices pour se réconcilier avec Marie-Antoinette, la comtesse de La Motte lui fit croire qu'il pourrait conquérir les bonnes grâces de la reine en lui offrant un collier de diamants de 1 600 000 livres qui était en la possession des joailliers Boehmer et Bassange. Ce collier avait déjà été proposé vainement à Louis XV pour la comtesse Du Barry, et à Louis XVI pour la reine. Poussé par Cagliostro, le cardinal accepta l'affaire. On lui présenta de fausses lettres de Marie-Antoinette et on lui ménagea, dans un bosquet de Versailles, une entrevue nocturne avec une fille de chambre qu'il prit pour la reine. Le cardinal acheta le collier à crédit et le remit à un prétendu officier de la reine, qui n'était qu'un amant de la comtesse de La Motte. Celle-ci défit le collier et le vendit en détail à Londres. Mais le cardinal n'ayant pu faire face à une échéance, les joailliers s'adressèrent directement à la reine, et tout se découvrit. Au lieu de conserver le secret sur cette affaire, Louis XVI fit arrêter sur-le-champ le cardinal de Rohan et ses « complices » (août 1785). Le baron de Breteuil, ennemi personnel de Rohan, voulut que celui-ci eût un procès éclatant, devant le Parlement. L'instruction et le procès eurent en effet un énorme retentissement, mais qui se retourna contre la cour et les souverains. Rohan, qui, dans toute cette affaire, n'avait d'ailleurs été que dupe, prit figure de martyr. Marie-Antoinette, qui était complètement innocente, fut salie dans sa vie privée et dénoncée une fois de plus pour son luxe dispendieux. Le jugement, rendu le 31 mai 1786, relaxa le cardinal de Rohan (que Louis XVI priva cependant de toutes ses charges et exila à l'abbaye de La Chaise-Dieu) ; Cagliostro fut banni du royaume ; la comtesse de La Motte fut condamnée à être flagellée, marquée et enfermée pour la vie à la Salpêtrière.

COLLIER DE LA REINE (Affaire du). Escroquerie qui donna lieu en France à un procès retentissant (1785-1786), et qui contribua fortement à déconsidérer la royauté, à la veille de la Révolution française et en particulier Marie-Antoinette, innocente dans cette affaire. La comtesse de La Motte fit croire au cardinal de Rohan, désireux de gagner les faveurs de la reine, que celle-ci désirait acheter un collier particulièrement onéreux. Le cardinal l'acheta mais ne put achever de le payer. Un scandale éclata, d'autant plus important que le joyau avait été démonté et vendu pièce par pièce par un escroc, complice de la comtesse. Louis XVI, au lieu d'étouffer l'affaire, la porta devant le Parlement de Paris. Après un procès qui captiva l'opinion publique, Rohan fut acquitté et la comtesse de La Motte condamnée à être flagellée, marquée et enfermée à la Salpêtrière. Cette escroquerie avait déconsidéré Marie-Antoinette. Accusée de dépenses excessives, elle devint encore plus impopulaire.

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