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COLIGNY Gaspard de Châtillon, sire de

Amiral de France et homme politique français. Fils du maréchal Gaspard de Coligny, il fut élevé dans la religion catholique et jouit d'abord d'une grande faveur à la cour : nommé en 1547, par Henri II, colonel général de l'infanterie, amiral de France en 1552, il devint en 1555 gouverneur de la Picardie. Il contribua notamment à la victoire de Renty et défendit Saint-Quentin contre les Espagnols (1557). Il se rallia à la Réforme (vers 1558) et fut, avec Condé, le principal chef militaire des huguenots. Il obtint la paix avantageuse de Saint-Germain (août 1570). Revenu à la cour en oct. 1571, il fut traité avec les plus grands honneurs, et, au scandale des catholiques, il devint le conseiller le plus écouté de Charles IX. Pour réconcilier les Français, il commença, de concert avec le roi, à dresser les plans d'une guerre nationale contre les Espagnols, dans les Flandres. Mais Coligny manqua de mesure, et le mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois irrita profondément l'opinion. Le 22 août 1572, alors qu'il sortait du Louvre, Coligny fut blessé d'un coup d'arquebuse tiré par le catholique Maureval et, deux jours plus tard, il fut l'une des premières victimes de la Saint-Barthélemy. Son cadavre fut jeté par la fenêtre, puis pendu au gibet de Montfaucon, et un arrêt du parlement (abrogé en 1599) déclara Coligny coupable de haute trahison.

Coligny, Gaspard de Châtillon, seigneur de (Châtillon-sur-Loing 1519-Paris 1572); amiral de France et homme politique français, une des plus hautes figures de la Réforme française au XVIe siècle. Né en février 1519, Gaspard de Châtillon appartient à la plus pure noblesse française. Son père, Gaspard Ier de Châtillon, seigneur de Coligny, maréchal de France, a épousé Louise de Montmorency, fille du « premier baron de France » et soeur d’Anne de Montmorency, qui fut fait duc et pair, et connétable de France. Grâce à ces hautes protections, C. vient à la cour vers 1540, et devient l’ami de François de Guise, alors marquis d’Aumale. En 1544, il participe à la bataille de Cérisoles. Après la mort de François Ier, son oncle Anne de Montmorency, ami et conseiller d’Henri II, lui permet une rapide ascension dans les hautes charges militaires. D’abord colonel général de l’infanterie, il se démet de cette fonction au profit de son frère François d’Andelot pour devenir amiral de France (1552). Il défend vainement Saint-Quentin en 1557 et est fait prisonnier. À son retour de captivité, il se convertit à la Réforme en 1558, que son frère d’Andelot a déjà épousée. Après la mort d’Henri II (10 juill. 1559), il se retire sur ses terres et désapprouve la conjuration d’Amboise (mars 1560) que les gentilshommes protestants, soutenus par le prince de Condé, ont provoquée. Mais, à la fin d’août 1560, il vient à l'Assemblée des notables réunie par François II à Fontainebleau. Il s’y prononce pour la fin des persécutions et pour la liberté du culte réformé. Après la mort de François II (déc. 1560), la reine mère, Catherine de Médicis, se rapproche de C., qui incarne pour elle l’aile modérée du parti huguenot. C. freine l’agitation protestante, et, confiant dans la victoire pacifique et graduelle de sa foi, appuie les efforts iréniques de Catherine et du chancelier Michel de l'Hôpital. Pourtant, quand, après le massacre de Vassy, Condé soulève les huguenots (mars 1562), C. rejoint l’armée protestante à Orléans : il semble que sa femme, Charlotte de Laval, ait eu raison de ses réticences. Dès lors le destin de C. se confond avec celui du parti protestant. Il blâme la paix d’Amboise (mars 1563) par laquelle Condé sacrifiait la réforme urbaine et populaire aux intérêts de la grande noblesse. Accusé d’avoir provoqué l’assassinat de François de Guise (18 févr. 1563), il s’en défend, sans convaincre la famille de Guise qui le poursuit de sa haine. Lors de la deuxième guerre civile, C. hésite d’abord à prendre les armes, mais il suit Condé et son propre frère d’Andelot (sept. 1567). Quand Catherine de Médicis se rapproche des ultra-catholiques et ouvre la troisième guerre civile (août 1568), C. se replie dans F Ouest. Après la mort de Condé, à la bataille de Jarnac (mars 1569), il devient le chef de l’armée protestante, sous l’autorité nominale du jeune roi de Navarre, Henri de Bourbon. Après son échec à Moncontour (3 oct. 1569) il se replie dans le Midi, où il réussit à reconstituer une armée. Là, il sème la terreur et, en avril 1570, remonte vers le nord. Après la paix de Saint-Germain (août 1570), C. se retire d’abord à La Rochelle, puis regagne la cour en septembre 1571. Entré au Conseil, exerçant sur le jeune roi Charles IX une influence certaine, C. veut entraîner la France dans une guerre ouverte contre l’Espagne, espérant réconcilier les Français, catholiques et protestants. Catherine de Médicis, hostile à cette politique, s’entend avec Henri de Guise pour faire assassiner l’amiral. Le 22 août 1572, C. est blessé. Ses coreligionnaires s’agitent, et, prise de peur, Catherine finit par persuader Charles IX qu’il faut massacrer tous les chefs protestants. La nuit de la Saint-Barthélemy (23 août 1572), C. est assassiné par les serviteurs du duc de Guise et son cadavre est mutilé par la foule. Il sera réhabilité en 1576, par l’édit de Beaulieu.

Bibliographie : L. Crété, Coligny, 1985.




COLIGNY, Gaspard de Châtillon, sire de (Châtillon-sur-Loing, 1519-Paris, 1572). Amiral et homme politique français, il fut avec Condé, le principal chef militaire des protestants (huguenots) lors des guerres de Religion. Nommé amiral de France par Henri II (1552) puis gouverneur de Picardie, il fut fait prisonnier à la bataille de Saint-Quentin (1557) par les Espagnols de Charles Quint. Gagné au calvinisme (vers 1558), il ravagea, après les batailles de Jarnac et de Moncontour, la Guyenne et le Languedoc, puis obtint la paix avantageuse de Saint-Germain (1570). Cependant l'ascendant qu'il prit sur le roi Charles IX provoqua la haine de Catherine de Médicis et des catholiques. Le mariage de Marguerite de Valois, soeur de Charles IX, avec Henri de Navarre (futur Henri IV), porta à son comble le mécontentement de l'opinion et déclencha le massacre de la Saint-Barthélemy dont Coligny fut une des premières victimes.

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