CLEMENCEAU Georges
Homme politique français. Maire du XVIIIe arrondissement de Paris en sept. 1870, il tenta de s'interposer entre la Commune et le gouvernement de Versailles. Député de Paris en 1876, il devint chef des radicaux et contribua à la chute des ministères Gambetta (1882) et Ferry (1885), et s'opposa au général Boulanger (1886), qu'il avait imprudemment parrainé. Battu aux élections de 1893 après le scandale de Panamá (v.), il revint au premier plan à l'occasion de l'affaire Dreyfus, son journal L'Aurore ayant publié le célèbre « J'accuse » de Zola. Président du Conseil de 1906 à 1909, sa politique autoritaire lui fit perdre le soutien des socialistes. Appelé par Poincaré à la tête du gouvernement (nov. 1917/janv. 1920), en raison de son patriotisme intransigeant, il institua une véritable dictature de salut public. En mars 1918, il obtint l'unification du commandement allié entre les mains de Foch. Surnommé le « Tigre », puis le « Père la Victoire », il fut pour une large part responsable des erreurs du traité de Versailles. Il fut ensuite candidat à la présidence de la République, mais les Chambres lui préférèrent Deschanel à une très large majorité.
Clemenceau, Georges (Mouilleron-en-Pareds 1841-Paris 1929) ; homme politique français.
Originaire de Vendée, C. est élevé par son père dans le culte de la Révolution de 1789. Jeune étudiant en médecine, violemment anticlérical, il entre en politique dès l’époque du Second Empire sous l’influence de Blanqui. En raison de ses prises de position républicaines, il est arrêté à plusieurs reprises. Pendant la Commune, il joue un rôle controversé. Il souscrit à la pétition des parlementaires français contre l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne. À partir de 1875, il est à la Chambre des députés le chef de la gauche « radicale » et devient le porte-parole éloquent des intérêts ouvriers et des libertés démocratiques. En 1876, il se prononce en faveur d’une amnistie pour les communards, il défend le droit de grève, il part en guerre contre les inégalités sociales et il plaide pour une protection sociale de l’État. Au cours de cette décennie, il apprend à manier de main de maître toutes les armes du jeu parlementaire. Implacablement, il mène, souvent de son propre chef, des attaques tous azimuts contre les gouvernements bourgeois modérés des « opportunistes », et contribue fréquemment à leur chute. C’est à cette époque qu’il se forge une éloquence agressive, nourrie de formules percutantes, et qu’il acquiert son surnom de « Tombeur de ministères ». Il combat, particulièrement durement, la politique d’expansion coloniale de Jules Ferry, soutenue par Bismarck. En 1885, il abat son adversaire politique, au point que celui-ci ne parvient pas à s’en remettre. C. déclare à cette occasion : « Le devoir d’un parti républicain ne consiste pas à fonder un empire en Indochine, mais une République en France.» À la fin des années 1880, il prend tout d’abord position en faveur du général Boulanger, ovationné par le peuple parisien, mais il l’attaque ensuite quand le général semble développer des tendances bonapartistes en cherchant à établir une dictature. Le scandale de Panama porte gravement atteinte à C. D’un seul coup, il perd tout son crédit politique et, abandonné par ses électeurs du Midi, il perd également en 1893 son siège de député. Quelques années plus tard, l’affaire Dreyfus lui permet cependant d’opérer un spectaculaire retour sur la scène politique. C’est en effet dans L’Aurore, journal auquel il collabore, que paraît le 30 janvier 1898 la célèbre lettre ouverte d’Émile Zola J’accuse. Comme principal chef du parti dreyfusard, il profite politiquement de la victoire finale remportée par la gauche dans cette affaire. En 1902, il est élu au Sénat et, en 1906, devient ministre de l’intérieur. La même année, il est pour la première fois président du Conseil ; il le reste jusqu’en 1909. Au pouvoir, il ne modifie pas son caractère énergique, mais il le met au service exclusif de l’État. Il introduit, avec son futur adversaire Caillaux, l’impôt sur le revenu ; il perd ainsi le soutien de la droite conservatrice. Il se brouille également avec les socialistes à cause de la brutale répression, opérée par des moyens militaires, des mouvements de grève ouvriers. Il se retrouve à nouveau dans l’opposition. Il se sert comme d’un porte-voix de son journal L’Homme libre, fondé en 1913 et rebaptisé après le déclenchement des hostilités L’Homme enchaîné pour protester contre la censure. A la Commission sénatoriale des Armées, il stigmatise les carences militaires de la France lors de l’entrée en guerre. En novembre 1917, après la grave crise de l’été où des ouvriers cessent le travail et des soldats se mutinent, Poincaré l’appelle à la présidence du Conseil. Dès lors, il concentre toutes les forces de la nation dans la guerre. Au cours de la dernière année de guerre, il gouverne de manière autoritaire, sans toutefois porter atteinte à un quelconque droit du Parlement. C’est seulement dans le domaine économique qu’il se fait accorder les pleins pouvoirs par une loi de février 1918. Il ne laisse planer aucun doute quant à la primauté du pouvoir civil sur le militaire. Il fait arrêter ceux (Caillaux, Malvy) dont il croit qu’ils peuvent affaiblir la combativité de la France. Le 11 novembre 1918, C. déclare : « Nous avons gagné la guerre ; maintenant, nous devrons gagner la paix, et ce sera peut-être encore plus difficile.» Pendant la conférence de la Paix de Versailles, il joue un rôle dirigeant au sein du Conseil des Quatre Grands. Il sacrifie au maintien de l’alliance avec la Grande-Bretagne la revendication, surtout émise par Foch, concernant la frontière rhénane. Il se montre sceptique à l’égard de la création de la Société des Nations. Le président américain Woodrow Wilson lui paraît être « le turbulent prophète d’une nouvelle formule qui est métaphysiquement immaculée, mais dont les exigences s’adapteront difficilement aux peuples, compte tenu de leur mentalité actuelle ». Malgré sa contribution à la victoire - ce n’est pas sans raison qu’il est appelé « le Tigre » et « le Père la Victoire » -, C. subit un échec en 1920 lors de l’élection présidentielle. Retiré de la vie politique, il s’éteint le 24 novembre 1929. Bibliographie : Général Mordacq, Le Ministère Clemenceau, 1930-1931, 4 vol. ; J. Ratineau, Clemenceau, 1958 ; J.B. Duroselle, Clemenceau, 1988.
CLEMENCEAU, Georges (Mouilleron-en-Pareds, 1841-Paris, 1929). Homme politique français. Issu du Parti radical, il donna toute la mesure de sa personnalité énergique lors de la Première Guerre mondiale, ce qui lui valut le surnom de « Père la Victoire ». Issu d'une famille bourgeoise de tradition républicaine, Clemenceau, devenu médecin, entra dans la carrière politique au lendemain de la journée du 4 septembre 1870 qui provoqua la chute du Second Empire et devint maire du XVIIIe arrondissement de Paris sous la Commune. Député radical de la Seine (1871), il siégea à partir de 1876 à la gauche du Parti radical. Par son éloquence cinglante et les finesses de son intelligence, il contribua à la chute de nombreux ministères (d'où son surnom de « tombeur de ministères », puis plus tard de « Tigre ») notamment celui de Gambetta ( 1882) et de Ferry ( 1885) dont il dénonça la politique coloniale. Député du Var à partir de 1885, il soutint d'abord le général Boulanger puis dénonça ses idées. Mais, impliqué dans le scandale de Panama, il fut battu aux élections de 1893 et écarté du pouvoir pendant neuf ans. La publication retentissante du célèbre « J'accuse » d'Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus, dans L'Aurore où il était éditorialiste (1898), remit Clemenceau à nouveau au premier plan de la scène politique. Sénateur du Var (1902), il fut président du Conseil (octobre 1906-juillet 1909) et se heurta bientôt à d'importants mouvements sociaux. Ministre de l'intérieur, se proclamant lui-même « premier flic de France », il organisa la répression de la grève des mineurs du Pas-de-Calais, ce qui provoqua sa rupture avec les socialistes. Renversé en juillet 1909, il entra dans l'opposition et fonda un journal L'Homme libre qui devint L'Homme enchaîné (du fait de la censure) dans lequel il dénonça tous les gouvernements jusqu'en 1917. Patriote intransigeant, Clemenceau fut appelé en novembre 1917 par Raymond Poincaré pour former le gouvernement et résuma ainsi son programme : « Je fais la guerre. » S'opposant à tout défaitisme, galvanisant les énergies patriotiques, il obtint des Alliés la nomination de Foch comme généralissime des armées alliées. Devenu le « Père la Victoire », président de la conférence de la paix, il se heurta à Wilson et Lloyd George par son attitude intraitable à l'égard de l'Allemagne et négocia le traité de Versailles (1919). En 1920, battu aux élections présidentielles par Deschanel, il se retira en Vendée, consacrant ses dernières années à voyager et à écrire.
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