Databac

CHASSE AUX SORCIÈRES

Le 21 mars 1947, par le décret présidentiel n 9835, le président des États-Unis Harry Truman établit un programme de vérification de la loyauté des fonctionnaires fédéraux. C’est le début d’une répression politique de grande ampleur. Les démocrates ont voulu cette croisade pour montrer leur volonté de s’opposer nettement au communisme soviétique et à son avatar national, cherchant ainsi à couper l’herbe sous le pied de l’opposition républicaine en s’emparant de son thème favori, l’anticommunisme : ils ne sont pas des victimes innocentes mais des apprentis sorciers qui tombent dans le piège qu’ils ont eux-mêmes façonné. En 1950, la Guerre froide bat son plein et la peur, encore diffuse, d’une subversion communiste généralisée s’empare des Américains. Dans ce climat, un obscur sénateur du Wisconsin, politicien roublard et menteur, se fait le champion d’un anticommunisme démagogique et parvient à provoquer un large mouvement d’opinion qui portera son nom : le maccarthysme. Car, si Joseph McCarthy (1909-1957) n’a pas « inventé » la chasse aux sorcières, c’est, à coup sûr, lui qui l’a exacerbée. Paradoxalement, le Parti communiste à ce moment ne compte qu’un nombre insignifiant de membres. Mais à l’époque, on parle de l’« influence » exercée par le parti et ses sympathisants. Dès lors, n’importe qui peut être suspecté : le libéral devient un progressiste et le progressiste un communiste, donc un espion à la solde de Moscou. De 1950 à 1954, le climat d’inquisition se développe. Le mouvement s’accélère alors, se gonfle : de commissions en sous-commissions, les enquêtes prolifèrent, la suspicion se généralise. En quelques mois, l’épidémie atteint un nombre incalculable de citoyens. D’interminables listes noires circulent. Ceux qui y figurent seront lourdement touchés : emplois perdus, carrières brisées, vies gâchées, honneur bafoué… Tous les secteurs sont concernés : la commission de l’énergie atomique mais aussi l’enseignement, la radio et la télévision mais aussi le cinéma, les syndicats mais aussi les milieux intellectuels. Il fallut que J. McCarthy s’attaque à l’armée pour que ses excès deviennent apparents : le Sénat finira par voter contre lui, en 1954, une motion de blâme qui marque la fin du maccarthysme, à tout le moins dans ses aspects les plus virulents.

Liens utiles