Charles Ier (Persenbeng 1887-Madère 1922) ; empereur d'Autriche et roi de Hongrie [1916-1918].
Charles Ier (Persenbeng 1887-Madère 1922) ; empereur d'Autriche et roi de Hongrie [1916-1918].
C. succède sur le trône d'Autriche-Hongrie au vieil empereur François-Joseph qui décède le 21 novembre 1916. Il n'a pas un caractère ferme ni une solide expérience politique. Préserver la cohésion de l'Empire et la position de la dynastie menacées par une catastrophe militaire imminente et une décomposition interne accélérée est une tâche surhumaine. Ancien officier de cavalerie, l'empereur C. est a priori assez défavorisé. Son oncle François-Ferdinand le tient à l'écart des affaires politiques. Taxé d'exaltation et de manque de discernement dans le choix de ses conseillers, C. a pour idée de devenir un « empereur populaire ». Or, il répète les erreurs de François-Joseph, sans posséder ni sa popularité ni sa fermeté : il s'occupe beaucoup trop des détails et il voit dans ses ministres de simples exécutants ; il fait preuve en outre de versatilité. Dans le but de sauver la fragile unité de son empire fortement ébranlée, il fait sienne la volonté de paix de son peuple, mais il n'a pas la force de s'imposer face à Ludendorff. Sous l'influence de sa femme l'impératrice Zita, princesse de Bourbon-Parme, il décide en 1917, sans le consentement de l'allié allemand, de chercher à négocier avec l'Entente, par l'intermédiaire de ses beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme. Cette ouverture échoue devant les exigences italiennes, mais surtout parce que C. ne parvient pas à arracher une paix séparée. Des déclarations maladroites et imprudentes du ministre autrichien des Affaires étrangères Czemin incitent Clemenceau à publier au début de 1918 une lettre de C. transmise à Poincaré par l'entremise de Sixte, dans laquelle est reconnue la revendication française sur l'Alsace. Bien qu'il démente en vain cette concession, C. se voit obligé d'aller à Canossa, c'est-à-dire au quartier-général allemand basé à Spa, et de faire une profession de foi combative. Son prestige à l'étranger s'effondre et l'épisode détermine les Alliés à mettre fin à la monarchie habsbourgeoise. La politique intérieure ne se caractérise pas davantage par des décisions judicieuses. Au lieu de freiner la décomposition nationale (les Alliés avaient déjà garanti l'indépendance des Tchèques) par de vastes réformes, C. est seulement disposé, sous l'influence de conseillers incompétents, à une amnistie politique qui intervient en juillet 1917 ; parmi les prisonniers libérés se trouve le leader tchèque Kramar. Lorsque enfin est publié le 16 octobre 1918 le manifeste impérial annonçant une réorganisation du pays sur une base fédérale, le pouvoir est déjà virtuellement passé aux mains des Alliés et des nationalités. C. renonce le 11 novembre 1918 au trône autrichien, sans toutefois consentir à abdiquer, de sorte que le Parlement autrichien décide le 3 avril 1919 de le bannir du pays. Subissant l'influence de conseillers ambitieux et croyant à tort pouvoir amener l'amiral Horthy à restaurer la monarchie hongroise, il fait en 1921 deux tentatives improvisées pour remonter sur le trône, mais ces opérations sont vouées à l'échec devant la résistance de Horthy et l'intervention immédiate des puissances occidentales. Il est alors exilé à l'île de Madère où il meurt au début de 1922, dans le plus grand isolement politique.
CHARLES Ier (Persenbeug, 1887-Fun-chal, Madère, 1922). Empereur d'Autriche et roi de Hongrie (Charles IV) de 1916 à 1918. Neveu de François-Ferdinand (assassiné à Sarajevo), il succéda à son grand-oncle François-Joseph Ier. Il négocia secrètement avec les Alliés en 1917 qui refusèrent ses offres de paix. Après la proclamation de la République autrichienne, il tenta de reprendre le pouvoir en Hongrie (1921) mais échoua.
Liens utiles
- Marie-Antoinette1755-1793Archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette, dernière fille de l'empereur François Ier et del'impératrice Marie-Thérèse, épouse en 1770 le roi Louis XVI.
- CHARLES II LE CHAUVE(13 juin 823-6 octobre 877)Roi de France (843-847) ; empereur d'Occident (875-877)Fils de Louis le Pieux et de sa seconde épouse, Judith de Bavière.
- NAPOLEON III, Louis Napoléon Bonaparte(20 avril 1808-9 janvier 1873)Président de la République (1848-1852)Empereur des Français (1852-1870)Fils du roi de Hollande, Louis Bonaparte, et d'Hortense de Beauharnais,il est le neveu de Napoléon Ier.
- MARIE-LOUISE de Habsbourg-Lorraine(12 décembre 1791-18 décembre 1847)Impératrice des FrançaisFille de l'empereur d'Autriche François II et de Marie-Thérèse deNaples, elle épouse par procuration l'empereur Napoléon Ier, représentépar Berthier, à Vienne le 11 mars 1810.
- LOTHAIRE(941-2 mars 986)Roi de France (954-986)Fils et successeur de Louis IV d'Outremer (surnommé ainsi parce qu'ils'était réfugié en Angleterre sous les règnes de Robert Ier et Raoul, quiavaient déposé son père, Charles le Simple).