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Charles (1771-1847) ; archiduc d'Autriche.

Charles (1771-1847) ; archiduc d'Autriche. C., troisième fils du grand-duc Léopold de Toscane (futur Léopold II) et frère cadet du futur empereur François II, est éduqué en Italie. Il choisit malgré l'influence contraire de son entourage et son éducation la carrière des armes, que sa stature et sa santé fragile semblaient lui interdire. Bien qu'il ait déjà fait ses preuves dans la première guerre de coalition contre la France révolutionnaire en remportant la victoire de Neerwinden, Thugut, qui se trouve à la tête de la chancellerie d'Etat, bloque sa promotion. C. s'est en effet dès cette époque trouvé avec lui en vive opposition, notamment à propos de l'alliance avec la Prusse, repoussée par le chancelier et prônée par C. Il devient donc en 1793 gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (la Belgique actuelle) et doit attendre 1796 pour se voir confier le commandement de l'armée du Rhin avec le grade de feld-maréchal d'Empire. Grâce à sa stratégie résolument offensive, il remporte des victoires, qui font l'admiration de tous, sur les généraux français Moreau et Jourdan. Toutefois, Thugut réussit à l'écarter en le faisant nommer gouverneur de Bohême. C'est alors la rupture ouverte avec Thugut, celui-ci voulant mener une guerre défensive et C. une guerre offensive. Ce n'est qu'après la chute de Thugut que C., qui vient de confirmer en battant Masséna ses qualités de stratège, parvient à exercer une plus grande influence politique. Il conseille de conclure la paix avec Napoléon Ier, pèse pour qu'on le reconnaisse et préconise en 1806 l'abandon de la couronne impériale, car il redoute désormais la rivalité prussienne et s'inquiète des projets de la Russie dans les Balkans. En 1805, il conduit l'armée d'Italie et bat à nouveau Masséna. Président du Conseil de guerre aulique et de 1806 à 1809 ministre de la Guerre, il s'attache après 1801 à restructurer l'armée sur le modèle français et à lui insuffler un esprit nouveau par la création d'académies militaires. Il n'approuve pas pour autant l'idée d'armée populaire. La création de l'armée nationale autrichienne en 1809 est bien plus l'oeuvre de son frère Jean, dans la mesure où il ne se sent absolument pas allemand, ni même autrichien, mais Habsbourg. La réforme de l'armée qu'il a engagée s'enlise à mi-route ; lorsque la guerre éclate à nouveau en 1809, la nouvelle organisation à la française des unités vient à peine d'être introduite. Ses insuffisances se voient encore à Aspem, où C. remporte sur Napoléon la première victoire, moralement décisive. Après la défaite de Wagram en juillet 1809, il se démet du haut-commandement, voyant son autorité restreinte au-delà du raisonnable par les directives du quartier général de l'empereur François. C., qui ne joue plus de rôle politique ni militaire jusqu'à sa mort (1847), se consacre à la rédaction d'ouvrages de stratégie et d'histoire militaire qui ont eu de son temps une grande influence. Ce capitaine talentueux, longtemps l'un des rares généraux coalisés capables de battre les armées napoléoniennes, est devenu par un malentendu, à la suite de son appel de 1809 à la nation allemande, un symbole de l'esprit national allemand. Il est en fait avant tout au service des intérêts de sa dynastie, et à ce titre ne mérite aucunement la défaveur marquée par son frère l'Empereur. Bibliographie : J. Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, 1990, p. 542-545.

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