Databac

Chapitre I : L’ART DE LA PAROLE

Chapitre I : L'ART DE LA PAROLE

Parler semble naturel à l'homme. Mais, certains manifestent un talent supérieur à d'autres dans le maniement de la parole. Par exemple, certains ont plus de « tchatche », de « bagout », de « faconde ». L'éloquence se manifeste de nos jours dans les matchs d'improvisation, les battles de rap, le slam et autres concours d'éloquence.

Pourtant il faut se méfier du mythe de l'inspiration. On croit spontané le « fow » du rappeur ou la virtuosité du rhéteur. Or, il n'en est rien pour bien parler, il faut être rompu à certains exercices et avoir assimilé certaines règles de l'art. La parole relève d'un long et lent apprentissage. Ce n'est qu'une fois que l'on a assimilé les règles du discours qu'il est bienvenu de se les approprier et de les personnaliser. C'est ce qu'on appelle le « style », cad la manière unique d'utiliser un code partagé.

Dès l'Antiquité, les professeurs de rhétorique ont multiplié les traités pour encadrer cet art de bien parler. La parole (logos) est centrale en Grèce antique, puis à Rome. L'art de bien parler appartient au cursus scolaire, que les Grecs appellent « paideia » (« éducation »). C'est la formation par laquelle un individu devient cultivé : elle suppose la maîtrise du langage, non pas comme une fin, mais comme un moyen pour devenir « un homme de bien parlant avec à-propos » (« vir bonus dicendi peritus »), comme le dit Cicéron. L'art de parler témoigne de ce qu'est l'homme dans le monde, c'est-à-dire un être spirituel : en affichant ainsi sa maîtrise langagière, l'homme révèle en même temps le degré d'élévation qui l'éloigne de l'animalité.

Liens utiles