Databac

Chah Jahan (Lahore 1592-Agra 1666); souverain mogol des Indes.

Chah Jahan (Lahore 1592-Agra 1666); souverain mogol des Indes. C., le troisième fils de Jahangir, hérite du trône impérial de son grand-père Akbar. Après une guerre fratricide traditionnelle dans l'empire mogol, il réussit à renforcer son pouvoir. Sa première tâche consiste à étendre l'Empire, qui, sous le règne de Jahangir, avait considérablement perdu en puissance et en ampleur. Les foyers en crise sont : le Rajputana, le Dekkan et le royaume de Golkonda au sud-est de l'Inde. La véritable importance de C. pour l'histoire indienne réside dans deux domaines : ses réformes administratives et son activité de bâtisseur. Il remédie aux carences catastrophiques de l'administration générale et à celle des finances, qui s'étaient installées à l'époque de son père. Il abolit les taxes et les impôts divers, qui la plupart du temps étaient abusivement réclamés. Les salaires usuraires des employés de l'État sont ramenés à un niveau supportable. Mais comme C. est un bon musulman orthodoxe (il est sunnite), ses sujets non musulmans sont défavorisés. Par opposition à son grand-père Akbar, il lève de nouveau l'impôt de capitation, payé par chaque infidèle, ce qui soulève l'indignation de ses sujets hindous. Un signe pourtant de la prospérité de son empire est le grand nombre de constructions qui datent de son époque. La ville et la citadelle de Delhi, ainsi que les grandes mosquées d'Agra et de Delhi ont été édifiées sous son règne. Le célèbre trône dit du « paon », qui se trouve aujourd'hui à Téhéran, a été construit sur ses ordres en or pur et en pierres précieuses, et installé dans la citadelle de Delhi. Le plus beau bâtiment de son époque est le mausolée du Tadj Mahall, qu'il fait bâtir en souvenir de son épouse bien-aimée Mumdaz Mahl. La dernière année de C. est assombrie par les dissensions entre ses fils. Une rumeur selon laquelle il est à l'agonie fait dégénérer les antagonismes latents en une révolte ouverte. Son troisième fils Aurengzeb s'empare du pouvoir ; lorsqu'il voit que C. n'est pas gravement malade, il l'emprisonne dans son propre palais d'Agra. Sept années plus tard, en 1666, C. meurt, abandonné de tous ; seule sa fille Jahanara était restée auprès de lui.

Liens utiles