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CENTRAFRICAINE (République)

État de l'Afrique centrale, sans accès à la mer, borné au N. par le Tchad, à l'E. par le Soudan, au S. par les deux Congos, à l'O. par le Cameroun ; capitale Bangui. C'est la descente du Congo par Stanley, en 1877, qui ouvrit la voie à l'exploration de cette région par les Européens. Dès 1889, les Français fondèrent le poste de Bangui, sur la rive droite de l'Oubangui. La région fut annexée par la France, en 1894, mais la présence française ne fut définitivement établie qu'après le passage, en 1897, de la mission Marchand, en route vers le Nil. Après l'incident de Fachoda, l'accord franco-anglais de mars 1899 laissa à la France tout le bassin de l'Oubangui. Devenu colonie en 1905, l'Oubangui-Chari fut rattaché à l'Afrique-Équatoriale française créée en 1910, puis abandonné à l'exploitation de compagnies commerciales, dont les excès furent dénoncés par André Gide dans son Voyage au Congo (1927) et les autorités réprimèrent plusieurs rébellions. Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement nationaliste se développa sous la direction de Barthélemy Boganda. En 1958, l'Oubangui-Chari devint une république autonome au sein de la Communauté, puis obtint son indépendance complète (13 août 1960) et signa des accords de coopération avec la France. Boganda dirigea le pays jusqu'en 1959 ; il eut pour successeur son neveu David Dacko, premier président de la République, qui institua en 1961 un régime fondé sur un parti unique, le Mouvement d'évolution sociale de l'Afrique noire. Dacko devait être renversé lors du coup d'État militaire du 1er janv. 1966, par son cousin, le colonel Jean Bedel Bokassa, qui suspendit le Parlement et les garanties constitutionnelles. Président à vie en 1972, Bokassa se fit couronner empereur, en 1976, d'un éphémère « Empire centrafricain ». Avec l'aide de l'armée française D. Dacko le renversa en 1976. En sept. 1981, l'armée imposait le général Kolingba. La présence de l'armée française ne fut pas remise en question et les bases qu'elle utilisait en Centrafrique lui permirent de soutenir efficacement le gouvernement d'Hissène Habré, au Tchad (v.). Le référendum constitutionnel de 1986 restaura la république, fit de Kolingba son président pour six ans et consacra parti unique le Rassemblement démocratique centrafricain, vainqueur des législatives de sept. 1987. En nov. 1992, fut organisée une élection présidentielle pluraliste suivie d'une nouvelle élection qui vit la victoire, le 22 août 1993, d'Ange Patassé (réélu en oct. 1999), ancien Premier ministre de Bokassa. En 1996, des mutineries éclatèrent dans l'armée qui furent réduites par l'intervention des troupes françaises stationnées dans le pays. Une force d'interposition, la Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB), fut déployée mais ne put empêcher, dès juin 1997, de nouveaux troubles responsables d'une centaine de morts à Bangui.

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