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CECCHI Emilio

CECCHI Emilio. Essayiste italien. Né le 4 juillet 1884 à Florence, mort le 5 septembre 1966 à Rome. Associé, dès ses débuts, à l'idéologie « d'avant-garde » de la revue florentine La Voce (1912-1913), il devient en quelque manière, une fois passée la Grande Guerre, la conscience intellectuelle et littéraire du groupe romain de La Ronda (1919), revue qui préconise, pour sa part, un retour aux valeurs classiques. C'est là l'origine de l'autorité de ce critique aussi versatile que lucide. Marginalement, dans la même Ronda, il contribue à créer la vogue des textes courts et denses, d'une écriture raffinée dont la fortune se fera sous le nom de « fragmentisme », et où se trouve probablement le meilleur de l'oeuvre de ce quasi-poète... Versatile, Cecchi est « bon à tout faire » : journaliste et « envoyé spécial » dans divers pays d'Europe et d'Amérique, critique littéraire subtil, dont les jugements dictent la mode, spécialiste de la peinture ancienne et moderne — il enseignera longtemps l'histoire de l'art italien à l'Université de Berkeley (États-Unis) et sera associé de près au prestige de Bernard Berenson —, spécialiste non moins indiscuté des lettres anglo-saxonnes (traduisant Shakespeare et Shelley aussi bien que Chesterton), il est même chargé de réorganiser le cinéma italien, à la suite d'une mission que lui confie le gouvernement fasciste pendant les années 30... Activités diverses qu'accompagnent quantité d'honneurs — Prix (1936) et membre (1940) de l'éphémère Academie Royale, puis membre (1947) et Prix (1952) de L'Accademia dei Lincei —, à propos desquelles il s'exprimera avec un scepticisme clairvoyant. Finalement, de cet écrivain qui fut probablement l'un des Premiers de son temps, ce qui restera, c'est oeuvre du « fragmentiste », au style parfaitement et justement toscan, à l'élégance d'expression constante, et d'une vive sensibilité, frôlant continuellement une certaine poésie légère mais assurée. Dans le recueil intitulé Essais et vagabondages, publié après sa mort, figurent notamment Poissons rouges (1920), L'Auberge du mauvais temps (1927), Quelque chose (1931), Courses au trot [corse al trotto, 1930], ainsi que son reportage sur le Mexique (1932 et 1948) et ses pages (posthumes) sur Benedetto Croce.

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