CEAUSESCU Nicolae (1918-1989)
CEAUSESCU Nicolae (1918-1989)
Dirigeant communiste roumain, secrétaire général du Parti de 1965 à 1989.
Nicolae Ceausescu succède à ce poste à Gheorghe Gheorghiu-Dej (1901-1965) et cumulera cette fonction, à partir de 1974, avec celle de président de la République. Il se fait dès lors appeler « Conductor » (l’équivalent roumain de « duce »), à l’instar du maréchal Ion Antonescu, chef de l’État roumain entre 1941 et 1944.
Né en Olténie le 26 janvier 1918 dans le village de Scornicesti, troisième né d’une famille de paysans pauvres de dix enfants, N. Ceausescu part travailler à Bucarest, la capitale, au début des années 1930 après avoir suivi l’école primaire. Il adhère à l’Union des jeunesses communistes dans la foulée des grandes grèves de Grivita (1933) et se forme dans la résistance antifasciste de l’époque. Jugé et emprisonné à plusieurs reprises, il est interné, pendant la guerre, au camp de Tîrgu-Jiu. Après 1945, il devient secrétaire général de l’Union de la jeunesse, gravit rapidement les échelons de l’appareil et accède au rang de membre du Bureau politique en 1955.
Dès son accession au pouvoir, N. Ceausescu intensifie la politique d’autonomie vis-à-vis de l’URSS engagée par G. Gheorghiu-Dej. C’est sous sa houlette que le nationalisme sera érigé au cœur de l’idéologie officielle, ce qui fera qualifier le régime de « national-communiste ». Jusqu’à la fin des années 1960, cette manipulation de la fibre patriotique lui vaut une réelle popularité dans le pays, d’autant que ce tournant s’accompagne d’une relative libéralisation dans le domaine culturel. Cette ligne culmine en 1968 avec son refus de participer à l’invasion de la Tchécoslovaquie (printemps de Prague) aux côtés des troupes du pacte de Varsovie.
Le durcissement du régime intervient dès 1971. N. Ceausescu renforce le contrôle du Parti sur la société et concentre entre ses mains et celles de son clan la totalité des pouvoirs. Cette période marque aussi la montée en puissance de son épouse, Elena Ceausescu, qui devient le second personnage de l’État. Un véritable culte de la personnalité est organisé autour du couple présidentiel, composante centrale du « style Ceausescu ». Le nom de Ceausescu est ainsi désormais inséparable d’un « communisme dynastique », dont le développement va de pair, tout au long des années 1970-1980, avec un despotisme ethnocentriste et ultranationaliste sans équivalent dans les autres démocraties populaires. La Roumanie de N. Ceausescu de la fin des années 1980 offre l’image d’un pays plongé dans la misère et soumis à la mégalomanie de son chef.
N. Ceausescu connaît une fin tragique, à l’image de son règne : conspué lors d’un meeting à Bucarest le 21 décembre 1989, il fuit en hélicoptère le 22, avant d’être rattrapé quelques heures plus tard, condamné pour « génocide » et exécuté le 25, avec Elena, à l’issue d’un « procès » aussi expéditif que parodique, à huis clos.
CEAUSESCU, Nicolae (Scorniçesti, 1918-Tirgoviste, 1989). Homme politique roumain. Secrétaire général du parti communiste (1965), président du Conseil d'État (1967) et président de la République (1974), il imposa au pays une violente dictature, fut renversé par une insurrection populaire et exécuté. Ouvrier dès l'âge de 11 ans, militant à 15 ans dans l'organisation clandestine des jeunesses communistes, il devint en 1965 premier secrétaire du Parti des travailleurs roumains, cumulant cette fonction avec celle de chef de l'État en 1967. Il s'efforça à l'extérieur d'imposer une politique indépendante à l'égard de Moscou (établissement de relations diplomatiques avec la RFA en 1967, refus de rompre avec Israël lors de la guerre des Six Jours, condamnation de l'intervention soviétique à Prague en 1968), mais maintint à l'intérieur un régime de dictature. Ceausescu, dit le « conducator », exerça un pouvoir sans partage, procéda à des purges massives au sein du parti et de l'armée, pratiqua le culte de la personnalité (le « génie des Carpates ») et le népotisme, sa femme Héléna devenant le second personnage de l'Etat (vice-Premier ministre en 1980). Ses excès (destruction du vieux Bucarest et de milliers de villages), sa dictature policière, les difficultés économiques aggravées par la réforme du système salarial qui aboutit à une baisse des rémunérations et la chute des autres démocraties populaires entraînèrent son renversement puis son exécution. Voir Prague (Printemps de).
Homme politique roumain. Secrétaire général du parti communiste en 1965, chef de l'État en 1967 et président de la République en 1974, N. Ceausescu incarna longtemps, pour les Occidentaux, un communisme acceptable capable de s'opposer aux directives de Moscou, comme lors de la crise tchécoslovaque, en 1968, où la Roumanie refusa d'envoyer ses chars à Prague. Pourtant, le régime était une dictature népotique. À partir de 1977, la crise économique se fit durement sentir : le pouvoir de Ceausescu fut contesté puis il fut lâché par l'armée et le Comité central. Le 22 déc. 1989, il était arrêté ; le 25, il était fusillé avec son épouse après un procès bâclé.
Liens utiles
- Die rumänische Revolution vollendet sich 1989 mit der Hinrichtung desStaats- und Parteichefs Nicolaie Ceausescu.
- En 1989, la révolution roumaine se termine par l'exécution du chef del'Etat et du parti, Nicolas Ceausescu.
- In 1989, the Rumanian revolution ended in the execution of the Head ofState and of the Party, Nicolas Ceausescu.
- C. E. 26 juill. 1918, ÉPOUX LEMONNIER, Rec. 761, concl. Blum
- C. E. 28 juin 1918, HEYRIES, Rec. 651