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CATTANEO Carlo

CATTANEO Carlo. Écrivain et homme politique italien. Né à Milan le 15 juin 1801, mort à Castagnola, près de Lugano, le 6 février 1869. Cattaneo fut l'élève de Romagnosi avant d'enseigner lui-même les lettres à Milan. Dès 1822 il publia L'Avènement de la science du droit naturel de G. D. Romagnosi , puis collabora activement à plusieurs revues dont les Annales de jurisprudence pratique, dans lesquelles il fit paraître ses Recherches économiques sur les interdictions imposées aux Israélites par la loi civile, qui lui valurent d'être connu dans toute l'Europe. En 1844, Cattaneo avait été élu membre de l'institut Lombard, et en 1845 il fut nommé secrétaire de la Société d'encouragement aux Arts et Métiers. Les Notes naturelles et civiles sur la Lombardie qui parurent à la même époque, se présentent, d'après les dire de Benedetto Croce, comme une « coupe admirable » faite dans l'histoire de l'Italie. Jusqu'en 1848, Cattaneo ne s'était jamais occupé de politique, mais le soir du 17 mars, quand il apprit les concessions faites par Vienne aux peuples de la Monarchie, il résolut de fonder un journal intitulé le Cisalpin pour demander que ces concessions fussent encore plus étendues, et ceci jusqu'à ce que la Lombardie ait obtenu son autonomie administrative au sein de l'Empire. Le 20 mars, Cattaneo proposa de tenir un conseil de guerre qui fut dissous au bout de deux jours. Résolument hostile à toute collaboration avec le Piémont, il se réfugia dans le Tessin un peu avant le retour des Autrichiens, et de là se rendit à Paris pour le compte de Mazzini. Il y publia en français l'Insurrection de Milan où se faisait jour une âpre polémique, et en donna une édition italienne augmentée : De l'insurrection de Milan en 1848 et de la guerre qui suivit, Conseiller accrédité du gouvernement du Tessin pour les affaires économiques et l'instruction publique, c'est lui qui décida, en partie, la fondation du Lycée cantonal (1854) où il enseigna la philosophie jusqu'en 1866; comme il l'avait déjà fait au cours des années précédentes, il s'occupa de l'installation des voies ferrées, et plus particulièrement du passage du Saint-Gothard. Par ailleurs, il collabora au Crépuscule et à la Revue contemporaine . Il ne se montra aucunement opposé à l'alliance franco-sarde et à la guerre de 1859, et aussitôt que Milan fut occupé par les Autrichiens il fit tous ses efforts pour renflouer la revue Polytechnique [Politecnico] qu'il dirigea jusqu'en 1865. Elu député a plusieurs reprises et dans différentes circonscriptions, il ne participa jamais aux séances du Parlement. En 1860, il se rendit à Naples, comme l'en avait prié Garibaldi, et s'occupa surtout de l'installation des chemins de fer dans le sud de l'Italie. Ses dernières années furent assez sombres et assez peu productives. Il fut enseveli dans sa ville natale.

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