Caton d'Utique, Marcus Porcius Cato Uticensis
Caton d'Utique, Marcus Porcius Cato Uticensis (95-46 av. J.-C.) ; homme d'État romain et adversaire de César.
Avec C., fils d'une famille influente de la plèbe et arrière-petit-fils du censeur du même nom, se dresse une personnalité qui veut allier les vertus proverbiales de la Rome antique (légalité, frugalité, courage) aux exigences morales de la philosophie stoïcienne. Malgré une rude ostentation, elle force l'admiration de ses contemporains. C. administre les charges publiques et effectue des missions (tribun et militaire en 67-66, questure en 64, tribunat en 62, annexion de Chypre comme province en 58, préture en 54) avec intégrité, compétence et conscience. Chef de file des optimales au Sénat, il s'oppose aux démagogues et à ceux qui personnalisent le pouvoir (Pompée, Crassus, César, Catilina). Réalisant que l'époque ne lui permettait pas d'atteindre son idéal d'État républicain oligarchique, il s'élève contre l'anarchie et la dictature aussi souvent qu'il le peut en utilisant toutes les mesures que les institutions mettaient à sa disposition. Ainsi, il est d'accord avec Cicéron pour l'exécution des partisans de Catilina et se met à la disposition de Pompée qu'il avait combattu, dans le combat contre César, après qu'on lui eut refusé le consulat en 51. Après la défaite de Pompée à Pharsale (48), C. est un des organisateurs en Afrique du Nord de la résistance des Pompéiens. Ces derniers étant battus à Thapsus (46), C. renonce à la clémence du vainqueur, et fidèle à sa notion de la « liberté » et de la vertu (« le service de l'État »), il se donne la mort à Utique. Cicéron rédigea son éloge funèbre dans un opuscule auquel César répondit par un Anti-Caton. Sous le règne de Néron, Lucain en fait l'un des personnages principaux de sa Pharsale. Mais avec le temps, on oublia ses conceptions politiques pour conserver le souvenir de sa fermeté d'âme devant la mort.
CATON D'UTIQUE (95-Utique, 46 av. J.-C.). Homme politique romain. Arrière-petit-fils de Caton l'Ancien, il fut un farouche défenseur de la République et l'une des grandes figures du stoïcisme. Tribun puis sénateur, il s'opposa aux revendications populaires, prit la défense de Cicéron contre Catilina, et s'opposa à Pompée qu'il soutint finalement contre César. Quand l'armée pompéienne fut définitivement vaincue en 46 av. J.-C. à Thapsus, il se suicida.