CATILINA Lucius Sergius
Homme politique romain. Propréteur en Afrique, en 67 av. J.-C., il échoua deux fois au consulat (63 et 62). Il monta un complot rendu célèbre par l'action de Cicéron, consul en exercice, qui prononça contre Catilina quatre harangues connues comme les « Catilinaires » (63 av. J.-C.). Le personnage de Catilina est resté relativement mystérieux, car il n'est connu qu'à travers les discours de Cicéron et le récit de Salluste, deux auteurs appartenant au parti de l'oligarchie.
Catilina, Lucius Sergius (v. 108-62 av. J.-C.) ; noble romain.
Né dans une famille patricienne ruinée, C., à la tête d’une bande de gladiateurs gaulois, s’enrichit à l’époque de Sylla dont il est un des hommes de main les plus actifs et les plus cruels. Questeur en 76, préteur en 68, il reçoit le gouvernement de l’Afrique qu’il pille au point qu’à son retour à Rome (66) des délégués africains l’accusent de concussion. Ambitieux, il ne peut se présenter au consulat pour l’année 65, son procès n’ayant pas été jugé. La faiblesse du régime sénatorial offre aux éléments populaires et démagogiques de Rome la possibilité de mener des actions hostiles contre l’Etat. Leur but ? La prise du pouvoir. En 65, deux conjurations de C. échouent. Mais il a trouvé des hommes et des structures insurrectionnelles. Il a l’appui, discret, de César et de Crassus qui souhaitent résister à Pompée. Nouvelle tentative pour se présenter au consulat, nouvel échec. En revanche, lorsqu’il annonce sa candidature en 64 pour 63, rien ne semble lui interdire l’accès à la magistrature suprême. Il est cependant battu par Cicéron et par Antonius et essuie une nouvelle défaite en 63 pour l’année 62. Lui reste une solution, le complot. Fin 63, le soulèvement préparé de longue date éclate en Etrurie. Tandis que Cicéron, consul, contraint C. à quitter la ville grâce à ses discours devenus célèbres, les conjurés, convaincus de haute trahison par des lettres adressées aux Allobroges, sont condamnés à mort à Rome et exécutés. L’influence de C. a enflammé ses partisans qui sont battus par l’armée sénatoriale à Pistoia (janv. 62). C. meurt dans la bataille. Avec sa mort se referme l’un des épisodes les plus sombres du déclin de la République romaine, épisode que Cicéron a d’ailleurs amplifié pour souligner son propre rôle.