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CASTRO Y BELLVIS Guillén de

CASTRO Y BELLVIS Guillén de. Auteur dramatique espagnol. Né à Valence en 1569, mort à Madrid en 1631. De famille illustre, il prétendait descendre de Lain Calvo par son père, et du roi don Juan Ier d'Aragon par sa mère. Tout jeune encore, il entra à l'Academia de Nocturnos, et de 1595 à 1597 fut en relation avec Lope de Vega qui habitait alors Valence. En 1595, il se maria mais son choix ne fut point heureux, si l'on en peut juger d'après tes allusions qu'il fait dans ses comédies. Dans les premières années du XVIIe siècle, il était capitaine du Grao et avait pour tâche de défendre cette côte contre les corsaires. On ignore pourquoi il se rendit en Italie, où le comte de Benavente, vice-roi de Naples, le fît gouverneur de Scigliano, en 1607. En 1609, il avait déjà regagné Valence, où il publia en 1618 et 1625 deux volumes de comédies. Dix ans plus tard, protégé par le duc d'Osuna, il entra au service du fils aîné du duc, installé à Madrid, et par là se trouva en relation avec les écrivains les plus illustres. Il prit part à des concours de poésie où il s'agissait de célébrer la béatification et la canonisation de saint Isidore; en 1623, il fut fait chevalier de l'ordre de Santiago. S'étant marié une seconde fois, avec une femme qui avait trente-deux ans de moins que lui, Guillén de Castro finit tristement son existence en proie à la pauvreté et à la maladie. Après avoir été tout d'abord le disciple d'écrivains qui appartenaient à l'Ecole de Valence, Rey de Artieda et Virués, il finit par subir l'influence de Lope de Vega. Les Enfances du Cid, la plus célèbre de ses pièces, fut imitée par Corneille. Parmi ses oeuvres maîtresses, citons encore : Les Amours de Didon et d'Enée, Le Comte Alarcos, Le Curieux impertinent, Don Quichotte de la Manche, Les Entreprises de jeunesse du Cid, Narcisse dans sa propre opinion (+). ? « La douceur et la suavité du génie de G. de Castro...» Cervantes. « Le vif génie, la flamme, l'esprit plein de feu de D. Guillén de Castro... » Lope de Vega. ? « La régularité, la discipline et cette maîtrise de soi qui aboutit à une parfaite correction, mais aussi à la roideur, voilà ce qu'il ne faut pas attendre de D. Guillén. C'était un génie rebelle aux règles, impatient de la servitude. Il était primesautier et impulsif. Le ligoter dans une formule, ce serait le trahir. Échappe-t-il donc à notre prise ? A vrai dire, les contrastes qu'on aperçoit dans sa manière ne lui sont pas personnels. Ils sont inhérents au genre de la Comedia autant qu'à la nature de son esprit. La Comedia a réalisé ce paradoxe de combiner une extrême liberté avec une discipline rigoureuse... Castro s'est rendu compte des prérogatives que la Comedia lui inspirait, Défauts et qualités, contrastes et contradictions, tiennent chez lui, pour une bonne part, au genre qu'il cultivait. Il est la Comedia incarnée : il en remplit toute la définition, il en exalte les mérites, il en exagère les défauts. » Henri Mérimée.

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