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BUXTEHUDE Dietrich

BUXTEHUDE Dietrich. Organiste et compositeur allemand d'origine danoise. Né à Oldesloe (Holstein), probablement en 1637, mort à Lübeck le 9 mai 1707. Fils d'un organiste, il passa son enfance en Suède et c'est à la Marienkirche d'Hälsingborg qu'il obtint son premier poste d'organiste. En 1660, il retourne au Danemark, pour prendre l'orgue, tout nouvellement construit, de l'église allemande d'Elseneur. En 1668, il devient organiste de la Marienkirche de Lübeck, épousant suivant l'usage la fille de son prédécesseur Franz Tunder. Il trouva à Lübeck une vie musicale active. La coutume voulait en particulier que, certains soirs, on se réunît pour entendre à l'église de la musique, instrumentale ou chantée, en dehors de tout office. Le nouvel organiste décida de donner à ces « musiques du soir » (« Abend Musi-ken ») une allure plus solennelle. En 1673, la décision fut prise d'organiser de véritables concerts, le soir des cinq dimanches précédant Noël. Après le prêcne de l'après-midi, on alternait pièces d'orgue et cantates. Certains textes plus longs, véritables oratorios, virent leur réalisation étendue sur plusieurs soirées. Ainsi en fut-il du Mariage de l'agneau [1678], de La Joie des Ames [1683], du Fils prodigue [1688]. Un seul de ces oratorios nous est parvenu, Le Jugement Dernier [1688]. Par contre, nous avons conservé plus d'une centaine de Cantates de Buxtehude. Très différentes des cantates de J.S. Bach, avec leur choeur important, ce sont des pièces pour une ou plusieurs voix et instruments, suites d'arias dont le contenu est contemplatif, mais la technique vocale très ornée. Leur influence sur les musiciens du XVIIIe siècle a été grande. Le rôle de Buxtehude comme organiste n'est pas moins important. Il a réalisé l'alliance du jeu des Allemands du Sud, marqué d'italianisme, et de l'éclatante rigueur des organistes de l'Allemagne du Nord. Il a été un des premiers à faire un usage intensif du pédalier, ce que Bach reprendra après lui. Son jeu est souvent brillant et presque mondain; ce n'est que dans les préludes — Toccatas, préludes et fugues —, destinés au culte qu'une intériorité réelle se fait sentir. La réputation de Buxtehude était si grande que le jeune Bach fit, en 1705, trois cents kilomètres à pied pour venir l'écouter. La succession de Buxtehude lui fut offerte, assortie de la condition d'usage : épouser la fille de son prédécesseur. Anna Margreta avait douze ans de plus que Bach. Il refusa. Comme avaient refusé deux ans plus tôt Haendel et Mattheson, tous deux candidats au poste d'organiste. Par ailleurs, Buxtehude nous a laissé des pièces de musique de chambre dont certaines ont longtemps passé pour être de la main de Bach et ont même été complétées par lui. Entre Schütz et Bach, Buxtehude a une position de transition qui ne doit pas nous cacher sa brillante individualité.

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