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Bright, John (Rochdale, Lancaster, 1811-Londres 1889), et Cobden, Richard (Heyshott, Sussex, 1804-Londres 1865); dirigeants du mouvement britannique de libre-échange.

Bright, John (Rochdale, Lancaster, 1811-Londres 1889), et Cobden, Richard (Heyshott, Sussex, 1804-Londres 1865); dirigeants du mouvement britannique de libre-échange. B. et C. personnalisent le radicalisme de l'époque victorienne. Ils appartiennent à cette classe moyenne qui connaît une ascension rapide depuis le xviiie siècle dans le nord de l'Angleterre en voie d'industrialisation et qui, après les réformes de 1832, joue un rôle politique de plus en plus important. Leur appartenance religieuse au non-conformisme (quaker) est la base de leur action politique : elle est à l'origine de l'école de Manchester dont C. passe pour le fondateur et l'organisateur, et B. pour le propagandiste. Leur philanthropie s'exprime dans la défense de l'idée d'une meilleure formation du peuple, dans leur hostilité de principe à la guerre, dans leur revendication d'une prise de contrôle par la couronne de l'administration de l'Inde (qui souffrait de la politique économique menée par la Compagnie des Indes orientales), ainsi que dans leur infatigable combat en faveur de l'abolition des taxes sur les grains (Anti-Corn-Law-League de 1839) qui est couronné de succès en 1846. Ils s'opposent également à tout contrôle de l'Église sur l'enseignement et ils se prononcent pour l'éligibilité des juifs au Parlement. Ils professent un libéralisme radical, en luttant contre l'aristocratie terrienne et ses privilèges injustifiés, et en promouvant l'idée d'une réforme électorale et parlementaire, au succès de laquelle B. apporte en 1867 et en 1884-1885 une contribution substantielle. Alors que l'opinion publique fait bon accueil à toutes ces revendications, qui visent à une transformation des rapports sociaux, elle refuse de suivre B. et C. sur d'autres questions. Ce paradoxe de leur carrière politique s'explique par l'opposition de leurs idées, remontant au XVIIIe siècle (Adam Smith), et du nationalisme naissant (Palmerston, Joseph Chamberlain) ainsi que par les mutations sociales de l'époque. L'école de Manchester croit en effet au principe du laisser-faire, à l'harmonie des intérêts sans intervention de l'Etat dans le jeu naturel des forces. Un rapport étroit existe entre leurs conceptions en politique intérieure et en politique extérieure : leur exigence d'une intervention minimale de l'Etat les conduit d'un côté à refuser la réglementation légale de la journée de travail des jeunes et des adultes, et d'un autre côté à défendre la liberté du commerce, les organisations internationales de la paix et un désarmement général, de même qu'à critiquer la théorie de l'équilibre des pouvoirs.

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