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BOULGAKOV Serge

BOULGAKOV Serge [Serguei Nikolaevic Bulgakov]. Philosophe et théologien russe. Né le 16 juillet 1871 dans une petite bourgade de la province d'Orlov (Russie), mort le 13 juillet 1944, à Paris. Serge Boulgakov, fils d'un prêtre orthodoxe, après avoir terminé ses études primaires, entre au séminaire. Une crise religieuse lui fait abandonner ses études de théologie; il entre à la Faculté de Droit de l'Université de Moscou et se consacre entièrement à l'étude des questions économiques et sociales. Marxiste convaincu, il soutient, en 1900, une thèse intitulée Capitalisme et Agriculture [1900], dont les deux gros volumes sont consacrés à la possibilité d'appliquer dans le domaine de l'agriculture les principes sociologiques et économiques énoncés par Marx. Une nouvelle évolution spirituelle lui fait retrouver la voie de l'idéalisme et le réconcilie avec la religion. Les étapes de cette évolution sont consignées dans le volume intitulé Du marxisme à l'idéalisme [Saint-Pétersbourg, 1903] et prennent définitivement corps dans l'ouvrage fondamental de cette période de la vie de Boulgakov : La Lumière non-crépusculaire [ Moscou, 1917]. En 1918, alors que commencent déjà les persécutions religieuses, il se fait ordonner prêtre; en 1923, banni de la Russie soviétique, il arrive à Prague où il se voit confier la chaire de théologie et de droit canon. En 1925, il fonde à Paris, avec d'autres professeurs exilés ou émigrés, l'Institut de Théologie Orthodoxe, dont il est élu doyen ad vitam. C'est à Paris que l'oeuvre théologique du P. Boulgakov s'épanouit : deux trilogies, dont la première comprend Le Buisson ardent, consacré à la mariologie, L'Ami de l'époux, sur la personnalité et le rôle de saint Jean-Baptiste, et L'Échelle de Jacob où il expose sa doctrine sur les anges. Sa dernière trilogie — son oeuvre fondamentale — porte le titre général : La Sagesse divine et la Théanthropie. Le premier volume de cette oeuvre, Du Verbe incarné ou de l'Agneau de Dieu, a soulevé une polémique véhémente dans certains milieux orthodoxes, qui allèrent jusqu'à taxer — à tort d'ailleurs — la doctrine sophiologique du P. Boulgakov d'hérésie, et le condamnèrent lors de ces réunions synodales qui se tinrent en 1935 et 1936. Boulgakov a donné enfin une interprétation de l'Apocalypse qui constitue son testament spirituel. Atteint, dès 1939, d'un cancer du larynx, privé de ses cordes vocales, le P. Boulgakov eut le courage de rééduquer sa voix et finit par pouvoir réciter les offices et même faire des conférences devant un auditoire réduit.

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