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BONNET Charles

BONNET Charles. Philosophe et naturaliste suisse d'expression française. Né à Genève le 15 mars 1720, mort dans cette même ville le 20 mai 1793. Il descendait d'une famille huguenote émigrée en 1572 à Genève pour échapper aux méfaits d'une guerre civile née de l'intolérance religieuse, Bien que destiné par ses parents à la carrière juridique, Charles Bonnet, dès sa plus tendre enfance, ne montra de goût que pour l'étude de la nature. A vingt ans, il fit sa première découverte — sur la reproduction des pucerons — bientôt suivie d'études sur l'appareil respiratoire des chenilles et des papillons, travaux qui lui valurent le titre de membre correspondant de l'Académie des Sciences de Paris (1741) et de la Royal Society de Londres. Ces études figurent dans son Traité d'insectologie, paru à Paris en 1745. Mais les sciences naturelles amenèrent bientôt Bonnet à s'intéresser à des problèmes plus vastes :en 1754, il fit paraître un Essai de psychologie et, en 1760, à Copenhague, un Essai analytique sur les facultés de l'âme. Parti du postulat de l'influence du physique sur le moral, il conclut à l'existence chez l'homme d'un organe matériel qui régirait l'exercice de l'intelligence par un concours incessant d'associations d'idées, dont la source doit être recherchée dans les sens. Dans sa Contemplation de la nature parue à Amsterdam en 1764-1765, Bonnet étudie la progression des échelons divers que l'on remarque au sein de la nature. Mais, entraîné Far le principe — indiscutable selon lui — de immortalité et de l'immatérialité de l'âme, il va jusqu'à promettre une vie future aux animaux, et cela dans sa Palingénésie philosophique ou Idées sur l'état passé et l'état futur des êtres vivants dont les deux volumes parurent à Genève en 1769-1770. Bonnet — on ne le sait pas assez, poussa l'audace jusqu'à pratiquer la fécondation artificielle sur une chienne, ainsi qu'en témoigne sa lettre à Malesherbes, datée du 5 mars 1782. La franchise, la modestie et la simplicité de Charles Bonnet ne l'empêchèrent pas d'être attaqué par certains savants français, qui ne lui pardonnaient point d'avoir victorieusement combattu certaines idées arrêtées de Buffon.

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