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Bevin, Ernest (Winsford 1881-Londres 1951); dirigeant syndicaliste et homme politique britannique.

Fils d'un ouvrier agricole, B. est l'un des principaux chefs syndicalistes britanniques du XXe siècle. Orphelin de père et de mère à l'âge de six ans, il doit gagner sa vie de très bonne heure en exerçant différents métiers. Il devient en 1911 employé au syndicat des dockers, où il effectue une rapide ascension. En 1921, il rassemble les diverses organisations des ouvriers des transports et des ouvriers non qualifiés dans le syndicat Transport and General Workers Union. Par la mainmise qu'il exerce sur ce gigantesque syndicat en sa qualité de secrétaire général, il joue un rôle déterminant sur le destin de son pays. Les points forts de sa carrière politique durant les années 1920 consistent tout d'abord en l'organisation du Council of Action, qui contribue à empêcher une intervention britannique dans la guerre russo-polonaise par la menace en août 1920 d'une grève générale ; puis il conduit la grève générale de 1926 et instaure, après l'échec de cette grève, une étroite collaboration entre l'entreprise et les syndicats pour la solution des problèmes communs. Après la prise du pouvoir par Hitler. B. est partisan d'une politique de sécurité collective. Lors d'un féroce discours prononcé au congrès du parti travailliste en 1935, il pousse à la démission le chef à tendance pacifiste du parti, George Lansbury. Conscient du danger national-socialiste, il se prononce très rapidement et avec insistance, au contraire des autres dirigeants du mouvement ouvrier, pour un réarmement de la Grande-Bretagne. Nommé par Churchill en mai 1940 ministre du Travail et du « Service national », il est ensuite élu à la Chambre des communes. Par son énergie et son dynamisme, il joue un rôle éminent dans la mobilisation de la population britannique au service de l'industrie de guerre. En 1945, il est ministre des Affaires étrangères du gouvernement travailliste et le reste jusqu'en 1951. Il agit en faveur d'un approfondissement des relations anglo-américaines et du maintien de la cohésion du Commonwealth. Après l'échec d'une tentative de coopération avec l'Union soviétique, il oeuvre d'une manière décisive au renforcement de la défense de l'Europe occidentale (traité de Dunkerque 1947, pacte de Bruxelles 1948 et traité de l'Atlantique Nord 1949). La forte personnalité de B., non exempte d'intolérance, a ses racines profondes dans un patriotisme absolu et dans une loyauté indéfectible à l'égard du mouvement ouvrier dont il est issu. Il abandonne son poste de ministre des Affaires étrangères un mois avant de mourir.

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