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BEN GOURION David Gryn, dit (1886-1973)

BEN GOURION David Gryn, dit (1886-1973)

À l’âge de dix ans, dans son village natal de Plonsk (actuelle Pologne), alors située dans la Russie tsariste, David Gryn voit passer un homme à la barbe noire qui lui fait le même effet que s’il avait rencontré le Messie. C’est Theodor Herzl, ce journaliste autrichien qui, à la fin du xixe siècle, après avoir vécu en France les déchirements de l’affaire Dreyfus, jeta les bases du sionisme et du projet de création d’un État juif situé en « terre sainte » de Palestine. En 1948, c’est à l’obstination et à la détermination de David Gryn, devenu David Ben Gourion, qu’Israël, l’État juif dont rêvait T. Herzl, doit d’être devenu réalité.

D. Ben Gourion a dix-sept ans, en 1906, lorsqu’il décide de quitter l’Europe, ses ghettos et ses pogroms, pour rejoindre en Palestine, alors province de l’Empire ottoman, le noyau des pionniers qui allaient fonder l’État juif. Il travaille la terre, puis devient journaliste, mais il est d’abord et surtout un militant sioniste et socialiste, prêt à s’opposer à tous ceux, Arabes, Turcs ou Britanniques, qui s’opposeraient au projet de création du foyer juif.

C'est à D. Ben Gourion qu’il revient, le 14 mai 1948, de proclamer à Tel Aviv, devant un portrait de T. Herzl, la naissance de l’État d’Israël, dont il devient aussitôt le premier chef du gouvernement et ministre de la Défense. À ce titre, il réunifie sans ménagement les différentes composantes armées juives rivales pour créer les forces de défense d’Israël : Tsahal. La première guerre israélo-arabe éclate le 15 mai 1948, entraînant l’exode de centaines de milliers de Palestiniens. D. Ben Gourion suit de front les questions de sécurité et celles qui touchent à l’économie, dans un pays exsangue. Mais, en 1953, cet homme austère décide de quitter le pouvoir et se retire à Sde Boker, un kibboutz (ferme collective) situé en bordure du désert du Neguev, une zone aride qu’il espère développer. Deux ans plus tard, il sort toutefois de sa retraite pour reprendre le ministère de la Défense, en plein scandale politique. Il restera encore dix ans à la tête du pays, tiraillé entre sa volonté de fer et les divisions de la gauche israélienne, dans lesquelles il prend sa part de responsabilité. En 1965, il tire finalement sa révérence, et retourne à Sde Boker. Il démissionne de son mandat de député en 1970 et s’éteint en 1973. Sa tombe, au côté de celle de sa femme Paula, est située en bordure du kibboutz, face au désert. Il est resté toujours vénéré en Israël comme le « père fondateur », même si le pays s’est bien éloigné du rêve égalitaire et socialiste qui était le sien.

BEN GOURION David. Homme d’Etat israélien. Né à Plonsk (Pologne) le 16 octobre 1886, mort à Tel-Aviv le 29 novembre 1973. Issu d’une famille aisée, cultivée et sioniste, il apprit dès son enfance l’hébreu moderne. Lors de son installation en Palestine, en 1906, il fut élu au Comité central du mouvement des « Travailleurs de Sion » dont il était membre depuis 1903. Il ne cessa d’y préconiser l’usage de l’hébreu pour toutes les activités du parti et l’immigration en Palestine. En 1910, il donna ses premières collaborations journalistiques et, en 1912, se rendit à Salonique, puis à Constantinople où il poursuivit des études de droit. Expulsé de Palestine, il alla aux Etats-Unis militer en faveur de la cause sioniste. Après la Déclaration Balfour, il s’engagea dans la légion juive de l’armée britannique et rentra au Moyen-Orient. Devenu secrétaire général de la « Histadrouth », en 1920, il conserva cette fonction jusqu’en 1933, date à laquelle il entre au Comité exécutif de l'Agence juive. En 1939, lorsque Londres publia un Livre blanc mettant fin à l’immigration juive en Palestine, Ben Gourion décida de combattre aux côtés des Alliés tout en encourageant l’immigration illégale. En 1948, il proclama l’indépendance d'Israël et cumula les charges de Premier ministre et de Ministre de la Défense. Interdisant les actions terroristes des organisations dissidentes, il établit la « Loi du retour ». Il se retira, en 1953, au « kibboutz Sedeh Boker » mais dut reprendre le portefeuille de la Défense, un an plus tard. En 1956, il engagea la campagne du Sinaï de concert avec la France et la Grande-Bretagne. En 1961, il constitua son dernier gouvernement, qui prit fin en 1963. Mis en minorité au sein de son parti : le Mapaï, il créa le Rafi et fut élu sous cette étiquette en 1969. Toutefois, il n’accéda plus aux responsabilités ministérielles ou internationales. Il a publié un grand nombre de fascicules traitant de sujets d’actualité et des écrits d’ordres politique et social. Citons parmi ses œuvres : Nous et nos voisins [1931], Au combat [ 1947-1949], Théorie et application (1953).

Ben Gourion, David Grün, dit (Plonsk 1886-Tel-Aviv 1973) ; homme d’État israélien.

Né à Plonsk, ville à majorité juive en Pologne orientale alors en territoire russe, B. est le onzième enfant de Victor Grün, conseiller juridique. Dès sa prime jeunesse, il est sous l’influence des idées de Theodor Herzl. Avec Isaac Ben Zvi, deuxième président de l'État d’Israël, il fait partie dès avant son émigration en Palestine en 1906 des fondateurs de l’Union sioniste socialiste Poale Zion et prend le nom de B. en souvenir d’un juif qui avait donné sa vie en luttant contre les Romains au temps de la conquête. Tout d’abord ouvrier agricole en Palestine, il devient rapidement un des chefs les plus actifs du mouvement ouvrier juif. Après des études juridiques à Constantinople, B. est chassé en 1915 de Palestine par le gouvernement turc et s’exile aux États-Unis, où il devient un des leaders du mouvement sioniste. Après son retour en Palestine, il participe en 1921 à la fondation du syndicat juif (Hisadrouth), s’efforce à partir de 1917 de rassembler les différentes tendances socialistes (création du parti social démocrate, le Mapai, en 1930, dont il devient le secrétaire général) et favorise systématiquement l’achat et le lotissement des terrains en faveur de l’implantation des immigrants juifs. À partir de 1933, il étend son activité en détenant un poste de dirigeant au sein du Congrès sioniste mondial. Tout en s’affirmant contre Jabotinsky, qui prône un révisionnisme sioniste, il tire parti de l’immigration illégale de réfugiés en provenance d’Allemagne en dépit de la résistance anglaise. Malgré l’opposition armée des Arabes et la politique anti-sioniste du gouvernement mandataire, B. organise la réunion des forces juives et proclame le 14 mai 1948 la création de l'État d’Israël, à la suite de la résolution prise par l’ONU le 29 novembre 1947 de partager la Palestine entre les Juifs et les Arabes. En tant que ministre de la Défense nationale et chef du gouvernement de 1948 à 1953 et de 1955 à 1963, il prend une part déterminante dans la victoire sur les Etats arabes et dans la stabilisation du jeune Etat, dont il a jusqu’à aujourd’hui profondément marqué le destin. Il se retire du pouvoir en 1963, puis du Mapai, et fonde le parti Rafi. Il meurt à Tel-Aviv le 1er décembre 1973. Bibliographie: M. Bar-Zohar, Ben Gourion, 1986.

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