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Beck, Ludwig (Biebrich, Wiesbaden, 1880-Berlin 1944) ; général allemand.

Beck, Ludwig (Biebrich, Wiesbaden, 1880-Berlin 1944) ; général allemand. Avec Goerdeler, le général B. est l'une des principales figures de la résistance allemande au national-socialisme. Issu d'une famille d'officiers hessois - mais son père avait dû à son grand regret renoncer à la tradition familiale en raison d'une maladie des yeux et devenir de ce fait un industriel -, B. appartient à cette caste des officiers formés sous l'Empire et imprégnés par Moltke et Schlieffen. C'est pourquoi il considère avec beaucoup de scepticisme les plans de guerre préparés par Hitler. Passant pour être la tête la plus pleine et la mieux faite de l'armée, B. utilise sa position dirigeante pour mettre en garde le Führer contre le recours à des solutions de force, mais il ne parvient pas à empêcher l'invasion de la Tchécoslovaquie. Il échoue également à ce que tous les généraux entreprennent une démarche collective sous la forme d'une démission générale. Aussi demande-t-il en août 1938 à être relevé de ses fonctions de chef d'état-major général de l'armée, qu'il occupe depuis le 1er octobre 1933. En octobre suivant, un congé définitif lui est accordé, en même temps qu'il est promu général d'armée. Après son départ, B. devient de plus en plus le centre de l'opposition à Hitler. Par l'intermédiaire de la « Société du mercredi », il est en liaison avec Goerdeler et les cercles conservateurs de la résistance (von Hassell, Popitz, Planck, Jessen, etc.). Lié à l'amiral Canaris et à Oster, il reste aussi en relation avec les milieux réfractaires de l'armée. Ayant participé à la Première Guerre mondiale comme jeune officier sur le front occidental et intimement convaincu que la révolution de novembre 1918 a porté un « coup de poignard dans le dos » à l'armée, B. a parfaitement conscience des problèmes posés par un attentat contre Hitler. Mais il est aussi persuadé que le devoir d'obéissance militaire a ses limites face à la terreur nazie. Malgré les effets encore perceptibles d'une grave maladie subie en 1942-1943, B. participe aux préparatifs de l'attentat du 20 juillet 1944, même s'il est clair que Stauffenberg est l'initiateur et l'exécuteur du projet. Cette tentative ayant échoué, B. met fin à ses jours, dès le soir du 20 juillet.

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