Azeglio, Massimo d'
Azeglio, Massimo d' (Turin 1798 -id. 1866) ; homme politique et écrivain italien. Avant de se consacrer à la politique sous l'influence de son cousin, le comte Cesare Balbo (1798-1853), historien et homme d'État libéral, A. vit à Rome et s'adonne aux arts. Son goût pour la littérature naît dans la maison d'Alessandro Manzoni, l'auteur célèbre des Promessi Sposi (Les Fiancés), dont il épouse la fille Giulia. Les romans à la fois historiques et romantiques d'A. font de lui l'un des écrivains les plus connus de son époque. Balbo l'encourage à faire un voyage de formation dont il rend compte dans son ouvrage politique, Les Derniers Evénements de Romagne, publié en 1846. Même s'il critique la mauvaise gestion de l'administration religieuse, il met en garde, à la différence de Mazzini, contre les violences révolutionnaires et prend parti pour l'application progressive de réformes libérales qui, adaptées aux circonstances historiques, ne doivent pas menacer l'existence des Etats de l'Église. Il attend de la monarchie piémontaise la réalisation de ce programme de réformes. Premier ministre sous Victor-Emmanuel II (1849-1852), il s'attache surtout à la défense de la nouvelle Constitution du Piémont face à l'Autriche et au règlement libéral des relations entre l'Église et l'État. Aristocrate très ambitieux malgré son apparente nonchalance d'artiste, il a des rapports si conflictuels avec son collègue Cavour, devenu ministre à son initiative, qu'il décide de se retirer du gouvernement en 1852. Dans ses Mémoires, il expose ses idées sur l'unité nationale italienne qui doit venir, selon lui, de l'intérieur, par le biais d'une formation et d'une éducation humanistes. Il meurt à Turin dans l'isolement en 1866. Peintre et écrivain, poète romantique, soldat et homme d'État, A., avec sa personnalité aussi variée que rayonnante, est un précurseur de la monarchie constitutionnelle et compte parmi les figures les plus importantes du Risorgimento.