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astrologie

L’étude des corps célestes selon qu’ils prédisent ou influencent le destin des individus vient en définitive des Babyloniens, qui la faisaient dériver de leur culte des dieux planétaires de même que de leurs observations et de leurs calculs relatifs aux mouvements des corps célestes. La croyance qui étayait l’astrologie, partagée par les gens instruits, en général, et par la plupart des écoles philosophiques (les épicuriens constituaient l’exception) était que le cosmos constituait une unité, et que tout ce qui se produisait dans le ciel affectait nécessairement les événements terrestres, ou se réfléchissait en eux. Étant donné qu’il était possible de prédire le retour des phénomènes célestes grâce à des observations et des calculs prolongés (astronomie) il devait être également possible de prédire les événements terrestres grâce à l’observation des corps célestes (astrologie). L’astrologie pouvait donc attirer pour des raisons diverses, scientifiques, religieuses et philosophiques les personnes instruites aussi bien que celles qui ne l’étaient pas ; on en vint généralement à croire que le sort d’un individu dépendait de l’aspect du ciel au moment de sa naissance, et qu’en conséquence les astrologues pouvaient donner des règles de conduite. L’astrologie ne semble pas avoir exercé d’influence sur la vie des Grecs avant le iiie siècle av. J.-C., dans le sillage d’Alexandre le Grand, quoique les spéculations cosmologiques lui aient préparé la voie. On dit que Bérose de Babylone ouvrit une école d’astrologie dans l’île de Cos vers 280 av. J.-C. et on a pensé que ses écrits, qui sont maintenant perdus, transmirent l’astrologie babylonienne au monde grec; au siècle suivant, elle avait gagné Rome et commença à être en vogue quand un grand nombre de manuels se mit à être largement diffusé. Caton et Ennius exprimèrent leur hostilité à son encontre, et, au siècle suivant, parmi ceux qui y croyaient figuraient Sylla, Posidonius et Varron (mais pas Cicéron), Vitruve, Properce et Ovide. Auguste publia son horoscope. À partir du Ier siècle de notre ère pratiquement tout le monde, chrétiens, païens et Juifs semblablement, acceptaient l’idée selon laquelle le destin pouvait être prédit et celle des pouvoirs maléfiques des planètes. Certains des meilleurs esprits se dressèrent cependant contre cette tyrannie : si les étoiles, arguaient-ils (Plotin et Origène) en raison de leur «sympathie» universelle qui envahit le cosmos, pouvaient en effet indiquer l’avenir, elles ne sauraient le déterminer. Rome fut particulièrement sensible aux dangers politiques potentiels et périodiquement, en cas de crises nationales, elle bannit tous les astrologues professionnels (c.-à-d. en 139 et en 33 av. J.-C.). Néanmoins aucun interdit permanent ne fut envisagé, et les empereurs eux-mêmes eurent souvent recours à des horoscopes. Thrasyllus, l’astrologue de Tibère, acquit une grande influence. Ce n’est qu’au IVe siècle, lorsque saint Augustin nia énergiquement sa validité, et avec l’arrivée des empereurs chrétiens, que l’on interdit officiellement la pratique de l’astrologie. Néanmoins, pour l’homme de la rue, l’astrologie a conservé une validité axiomatique jusqu’au xviie siècle et au-delà.

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