Artaxerxès Ier Makrocheir
Artaxerxès Ier Makrocheir (= Longue-Main) ; roi de Perse [465-424 av. J.-C.]. A., fils cadet de Xerxès Ier, monte sur le trône perse après l'assassinat de son père et de son frère, à la faveur de luttes confuses et d'intrigues de harem. Pendant les quarante années de son règne, A. doit non seulement écraser de graves insurrections à l'intérieur de son royaume, mais doit aussi contenir la puissance athénienne née des guerres médiques. Énergique et actif, il maintient intact son empire qui sous son règne atteint une sorte d'équilibre. Un soulèvement en Bactriane, vite réprimé, est suivi en 463 d'une révolte de l'Egypte sous la direction d'un dynaste libyen Inaros. Avec l'aide d'une flotte athénienne conduite par Cimon (461) et après avoir écrasé le gouverneur perse à Papremis, Inaros réussit à encercler la garnison perse de Memphis. Le général en chef d'A., Mégabyze, après avoir, en vain, demandé du secours à Sparte, dégage Memphis et anéantit (454) dans le delta du Nil une flotte athénienne de secours. Athènes répare cet échec en 450 par une victoire navale près de Salamine de Chypre. En 449-448, une paix de compromis, qui porte le nom du négociateur athénien, Callias, met fin aux guerres médiques. Athènes renonce à Chypre et à l'Egypte mais se voit reconnaître la maîtrise de l'Égée ; A. concède une relative autonomie aux cités grecques d'Ionie. Enfin la zone littorale d'Asie Mineure est démilitarisée. Il s'agit d'une paix blanche et d'une paix de lassitude où chacun trouve son avantage. Quand la guerre du Péloponnèse éclate (431), Sparte et Athènes cherchent à lier des relations avec le Grand Roi. Mais la mort d'A. arrête toute négociation. Son fils, Xerxès II, régnera quarante-cinq jours avant d'être assassiné. On manque trop de sources directes et la manière dont les Grecs ont rapporté l'histoire de cette période est trop partisane pour qu'il soit possible de bien connaître la personnalité du roi. Il semble avoir été inspiré dans le choix de ses conseillers et avoir pris de sages décisions politiques. Ainsi, il accueille Thémistocle, banni d'Athènes depuis 471 qui rencontre dans l'Empire de nombreux Hellènes, intellectuels et savants, laisse les provinces les plus éloignées à un gouvernement indigène, réduit le nombre de satrapies et autorise Esdras à rentrer à Jérusalem avec 1 500 familles juives de l'ancienne déportation.