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ALLIANCE (SAINTE-)

ALLIANCE (SAINTE-), 26 septembre 1815. Nom donné au traité conçu par Alexandre Ier et qui unissait le tsar, l’empereur d’Autriche François Ier et le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III (respectivement orthodoxe, catholique et protestant). Les souverains s’engageaient « au nom de la Sainte-Trinité » à respecter entre eux les règles de la charité chrétienne et à se porter aide et assistance. Les termes vagues du texte faisaient de ce traité un « néant diplomatique », qualifié par le chancelier autrichien Metternich de « rien sonore ». Ce fut pourquoi la solidité de l’union entre les alliés fut en réalité la Quadruple-Alliance (20 novembre 1815), signée entre la Russie, l’Autriche, la Prusse et l’Angleterre, et dirigée contre la France. Les puissances victorieuses de Napoléon Ier, craignant la fragilité de la monarchie restaurée des Bourbons et la reprise d’une politique de conquêtes, décidèrent de se réunir périodiquement afin de se concerter et se prêter éventuellement assistance. Cette « politique des congrès» (de 1818 à 1822) destinée à maintenir l’ordre européen issu du congrès de Vienne (1814-1815), permit aussi à la Sainte-Alliance d’intervenir, à l’intérieur même des États d’Europe, contre les mouvements libéraux et nationaux. Devenu un pacte de soutien mutuel des monarques contre les révolutions, la Sainte-Alliance intervint en Allemagne (1819-1820) contre les universités, la presse et les sociétés secrètes en Italie, à Naples, dans le Piémont, contre les mouvements libéraux (Carbonari) en 1820-1821, mais aussi en Espagne (1823) où une armée française aida Ferdinand VII à rétablir l’absolutisme. La Sainte-Alliance, qui n’avait pas réussi à étouffer les aspirations libérales de l’Europe, maintint néanmoins la paix durant près d’un demi-siècle entre les grandes puissances européennes, jusqu’à la guerre de Crimée ( 1854-1856).

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