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Alexis Ier Comnène (1048-1118) ; empereur de Byzance [1081-1118].

Alexis Ier Comnène (1048-1118) ; empereur de Byzance [1081-1118]. La figure d'A., membre de la dynastie des Comnène-Doucas au pouvoir de 1057 à 1185, doit beaucoup à sa fille Anne, dont VAlexiade est une chronique partiale du règne de son père, mais beaucoup aussi à de réelles qualités d'homme de gouvernement et de guerre. Neveu d'Isaac Ier Comnène et époux d'Irène Doucas, A. s'impose face à l'usurpateur Nicéphore III Botaniate [1078-1081] avec des mercenaires, turcs pour la plupart. Prenant la capitale d'assaut, il met fin aux guerres intestines qui ont ravagé l'Empire et favorisé les dissidences (indépendance de la Serbie, 1071 ; de la Croatie, 1076) et la progression des Turcs Seldjou-kides en Asie Mineure (défaite de Mantzi-kiert, 1071). L'un des desseins majeurs d'A. est le rétablissement de la souveraineté byzantine en Asie Mineure. Les ennemis ne lui manquent pas, qui retardent ce projet. Il doit dès 1081-1082 arrêter l'expédition albanaise du prince normand Robert Guiscard, soutenu par l'émir de Nicée ; aussitôt après, contenir les attaques des Petchénègues (Turcs nomades du Danube) : après deux défaites et une paix humiliante (1086-1089), A. les écrase en 1091 (victoire de Lébou-nion). L'empereur sait aussi tirer parti du démembrement de la domination seldjou-kide à la mort du sultan Malek-shah (1092) et reprend aussitôt pied en Bithynie. A peine raffermi, A., qui pense recevoir de l'Occident quelques troupes de mercenaires aguerris pour poursuivre le nettoyage de l'Asie Mineure, voit à partir de 1096 affluer à Byzance des hordes de pèlerins latins, puis les armées des princes occidentaux : ce sont les troupes disparates de la première croisade occidentale, qui ont répondu avec ferveur à l'appel du pape Urbain II et sont parties dans un esprit messianique reconquérir le Saint-Sépulcre. Le fossé d'incompréhension est profond. A. tire pourtant parti de la situation avec la plus grande habileté. Il tient les Latins (Anne Comnène les appelle les « Celtes », keltoï) le plus loin possible de sa capitale, autorise et arrange leur passage en Asie sous la condition que leurs chefs lui fassent hommage, à l'occidentale, des terres reconquises. Mais il ne peut empêcher ses ennemis de toujours, les Normands d'Italie du Sud, conduits par Bohémond, de s'établir à Antioche sans faire le moindre acte d'allégeance. L'autorité de Byzance sur la Terre sainte latine est, au mieux, nominale, mais A. a écarté les risques majeurs. Jusqu'en 1116, il mène de son côté des expéditions, qui permettent de rétablir directement l'autorité byzantine sur Trébizonde et toute la côte de la mer Noire, sur le littoral jusqu'à Antioche et sur le tiers nord-ouest de l'Asie Mineure. A l'intérieur, A. tente comme ses successeurs de contenir les envahissements des grands propriétaires, mais, soutenu dans le rétablissement puis le maintien de son pouvoir par un parti aristocratique, il doit limiter la portée de ces mesures. Il doit aussi favoriser les princes de sa maison et les grandes puissances navales, Venise et Gênes, dont il ne peut se passer : autant de dangers pour l'avenir. Il meurt le 15 août 1118.

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