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Alexandre Ier Karadjordjévitch (Cettigne, Monténégro, 1888-Marseille 1934); roi de Yougoslavie [1921-1934].

Alexandre Ier Karadjordjévitch (Cettigne, Monténégro, 1888-Marseille 1934); roi de Yougoslavie [1921-1934]. Fils de Pierre Ier, avec lequel il revient d'exil en 1903, A. est proclamé prince héritier en 1909. En 1914, il assure la régence en raison de la maladie de son père. Durant la Première Guerre mondiale, il prend une large part à la lutte des Serbes contre les Austro-Allemands et participe en 1915 à la retraite de l'armée serbe à travers l'Albanie jusqu'à Corfou, où elle est réorganisée. Lors du procès de Salonique, il refuse de gracier le colonel Dimitrijevic-Apis et d'autres membres de l'organisation « l'Union ou la mort », accusés à tort d'un complot contre le régent. Après la guerre, il est d'abord régent du royaume des Serbes, Croates et Slovènes nouvellement constitué le 1er décembre 1918 puis monte sur le trône en 1921 à la mort de son père. Il cherche d'abord à gouverner par des moyens constitutionnels et à aplanir les divergences nationales internes entre Serbes et Croates. Mais l'adoption d'une Constitution centralisatrice en faveur des Serbes ne fait qu'aviver les tensions entre Serbes centralisateurs et Croates fédéralistes. Un attentat perpétré par un député monténégrin le 20 juin 1928 en plein Parlement, qui fait quelques victimes parmi les députés du parti agraire croate dirigé par Etienne Radie (1871-1928) - lui-même mortellement blessé -, permet à A. de suspendre en 1929 la Constitution et d'instaurer un régime autoritaire. Il constitue alors un nouveau cabinet composé de ministres fidèles et dirigé par le commandant de la garde, Zivkovic. En 1931, après l'établissement d'une nouvelle Constitution autoritaire, le pays prend le nom de Yougoslavie et se divise en neuf banats (provinces). Mais A. s'aliène les nationaux autres que les Serbes et les anciennes passions nationales resurgissent. Le roi est assassiné à Marseille le 9 octobre 1934, en même temps que le ministre des Affaires étrangères français Louis Barthou. Les causes profondes de l'attentat n'ont jamais été entièrement éclaircies, puisqu'aussi bien l'émigration croate dirigée par Ante Pavelic (1889-1959) que des Macédoniens bulgaro-philes ont trempé dans l'affaire. A., bien qu'il représente les prétentions serbes à l'hégémonie dans le nouvel Etat, écarte l'orientation radicale de la Grande Serbie ; mais il ne réussit pas à concilier les oppositions politiques très profondes dans le pays. Après sa mort, son frère, le prince Paul, exerce la régence, le prince héritier Pierre II n'ayant que onze ans.

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