Agésilas II (v. 444-360 av. J.-C.) ; roi de Sparte [398-360].
Agésilas II (v. 444-360 av. J.-C.) ; roi de Sparte [398-360]. Avec l'appui de Lysandre et parce que son neveu aurait été un enfant illégitime, A., de la famille royale des Eurypontides, succède à son demi-frère Agis II (398), au mépris des règles de succession. Sparte est alors au sommet de sa puissance : Athènes, la vaincue de la guerre du Péloponnèse, a perdu flotte, alliés et même ses murs ; Lysandre a organisé en Egée un empire dont Sparte a hérité, mais du même coup la cité lacédémo-nienne risque de s'opposer à son allié d'hier, le Grand Roi de Perse. Aussi lorsque Tissapherne, satrape du Grand Roi Artaxerxès II, veut rétablir la domination perse sur les cités grecques d'Asie, Sparte prend-elle la défense de ces dernières. A. passe en Asie à la tête de 12 000 hommes (396), y mène pendant deux années des campagnes victorieuses, coordonne le commandement entre force terrestre et flotte, pénètre en Phrygie. Il apparaît comme « le nouvel Agamemnon ». En fait ses succès sont illusoires. En Europe, l'argent perse a suscité une coalition contre Sparte qui rassemble en particulier Corinthe, Athènes, Thèbes et Argos. Ayant mal commencé la guerre dite « guerre de Corinthe » (397-386), Sparte rappelle A. qui obéit à contrecoeur. S'il bat les coalisés en Béotie, à Coro-née (394), sa flotte, restée en Asie, est détruite au large de Cnide par T Athénien Conon, passé au service du Grand Roi. Cette défaite réveille Athènes. Elle relève ses Longs-Murs, reconstitue sa flotte, met sur pied des soldats très mobiles, légèrement armés, les peltastes qui pénètrent en Laconie. A. remporte plusieurs combats, assiège Corinthe sans emporter la décision. En réalité, le véritable arbitre du conflit est le roi perse. Inquiet du redressement d'Athènes, il renoue avec Sparte par l'intermédiaire de l'éphore Antalkidas. En 386, le Grand Roi impose sa paix à des cités grecques épuisées qui l'acceptent malgré les restrictions initiales de Thèbes. Au Perse, les cités d'Asie et de Chypre ; à Athènes, les îles de Lem-nos, Imbros et Skyros ; aux autres cités la garantie de leur autonomie et donc du même coup la fin de toutes les confédérations ; aux Lacédémoniens, la charge de garantir la bonne application de cette paix, dite « paix du Roi » ou « paix d'Antalkidas ». Outrepassant son rôle de patron de la paix, Sparte cherche à accroître sa puissance continentale. Elle prend Mantinée (385) et Phlionte dans le Péloponnèse, intervient contre Olynthe en Chalcidique, s'empare de la Cadmée, la forteresse de Thèbes (382) et encourage partout la formation de gouvernements qui lui soient favorables. A. approuve cette politique, y trouve l'occasion de mener un jeu personnel, à Thèbes vraisemblablement et lors de l'affaire du Pirée (379), sans imaginer qu'elle conduit à la reconstitution de la ligue béotienne dirigée par Thèbes et à la renaissance d'une confédération athénienne, toutes deux alliées contre Sparte. Il lance donc des raids contre la Béotie (378 ; 377), sans résultats. La guerre s'enlise de nouveau. En 371 une conférence de paix se tient à Sparte sur le principe de l'autonomie des cités. A. refuse que Thèbes, en la personne d'Épaminondas, parle au nom de toute la Béotie. Epaminondas s'obstine. A. fait exclure Thèbes du traité et lui déclare la guerre. Attaque d'Epaminondas : à Leuctres (371), les Spartiates sont écrasés (400 tués sur 700). Profitant de troubles en Arcadie, Thèbes envoie ses hoplites dans le Péloponnèse, envahit avec 70 000 hommes la Laconie. Pour la première fois depuis des siècles, des ennemis pénètrent dans le territoire Spartiate. A. organise la défense de la cité, la sauve par sa prudence et sa fermeté, demande l'aide d'Athènes. Huit ans plus tard, nouvelle expédition d'Epaminondas. De nouveau Sparte est menacée ; de nouveau A. la défend et la sauve. La bataille de Mantinée (362) concrétise la chute de Sparte, qui sur les conseils d'A. refuse cependant de s'associer à une paix qui reconnaît l'indépendance de la Messénie, ancien territoire soumis à Sparte. En 361, octogénaire, A. conduit en Egypte une troupe de mercenaires pour soutenir le pharaon Tachôs et les satrapes révoltés contre le Grand Roi. Mais il abandonne Tachôs pour soutenir son neveu Nectanébo dont il facilite l'accession au pouvoir. Au cours du voyage de retour, il meurt près des côtes libyennes. Petit, boiteux, frugal, passionné, A. compte parmi les grands capitaines de Sparte, plus habile tacticien que grand stratège. Même s'il n'hésite pas à mener une politique personnelle, Xénophon, son ami et compagnon de combat, voit en lui le souverain idéal, respectueux des lois de la cité.
Liens utiles
- Dans son Discours au Roi de 1676, Corneille choisit parmi ses pièces, pour les citer avec fierté : Cinna, Pompée, Horace, Sertorius, ¼dipe, Rodogune, Othon, Suréna, Sophonisbe, Attila, Pulchérie, Agésilas, Bérénice. Vous expliquerez la présence de certaines pièces et l'oubli de certaines autres.
- Cours sur Ubu roi
- Question d’interprétation — Oedipe Roi de Sophocle
- UBU ROI - Alfred Jarry
- Rapide analyse Ubu Roi